Jean Jaurès - La Convention

i332 lllSTOlllE SOCIALISTE Le mouvement n'était pas encore hien étendu. puisqu'il ne comprenait que 16 sections sur 4.8. Pou1·tant il se dessinait déjà assez net el assez fort pour que Dutarcl averllt Garat. f'e même soir 25, que la Convention devrait reh\cher Hébert. Il lui écrit, le 27 : « J'ai con,igné que la Convention, après le changement qui s'était opéré depuis près de deux mois, ne pouvait user de trop de circonspection, qu'elle devait épargner les chefs des factions, qu'elle devait se contenter pour le moment de leur rogner les grilles ou les ailes, et qu'attaquer l'un de ces hommes, ce serait réveiller l'attention du peuple qui, quoiqu'il ne les estime pas beaucoup, leur donnerait toujours la préférence sur ceux qu'il a toujours eus en horreur. « Je vous ai dit arant-hier soù· (c'est-à-dire le 25), que la Convention devait s'allendre à être obligéPde relâcher llébert, qu'elle devait s'y préparer et aviser d'avance aux moyens par lesquels elle pourrait, sans se déshonorer, le remettre en liberté; qu'elle ne pouvait dans ces circonstances sévir essen- ~iellement sur lui; que, faire cette tentative, ce serait risquer d'allumer la guerre civile pour se défaire d'un homme qui est presque mis hors d'étal de nuire. » Le lendemain, dimanche 2ù mai, la séance de la Convention fut assez languissante. Les délégués des seize sections demandèrent la mise en liber1é d'Hébert. Marat, Billaud-Varennes, Legenrlre protestèrent, en quelques mols véhéments, contre les Douze, contre les duodecemvirs, el demandèrent que la Commission rot blàmée ou bri;ée. i\Iais la pétition fut renvoyée el la séance levée, sans que la 1lontagne ait obtenu le moindre avantage. Mais, ce qui caractérise la journée du 26, ce qui annonce l'accélération prochaine du mouvement, c'est d'abord que la lulle entre la Conve n li on el les sections devient plus directe, plus brut<!le, c'est ensuite que les Jacobins entrent en ligne. D'abord, dans les sections, les patriotes, les sans-culottes, plus nombreux le dimanche, l'emportent presque partout : « Les ouvriers de ma section qui travaillent à Chaillot, dit un des observateurs, viennent en foule à l'assemblée générale: ils se font rendre compte; on casse tout ce qui a été fait dans la semaine; mais le lundi on prend d'autres arrêtés. » Celle fois, l'impulsion donnée aux sections par les ouvriers révolutionnaires, restitués par le dimanche à l'action politique, devait être définitive et durable. Ce dimanche 26, « la section de la Réunion prend Hébert et Varlet sous sa protection; les ouvriers de cette section ont rempoi·té aujourd'hui une victoit'e sur les aristocrates. • Pendant que le Conseil de la Commune est réuni, il reçoit des sections des bulletins de combat qui sont, en efîel, le plus sou,ent, des bulletins de victoire. « La section des Sans-Culottes informe le Conseil qu'elle demandera demain à la Convention la liberté d'ïléberl ...

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