!321 IIISTOIRE SOCIALISTE plus raffinée el plus précise les rêvel'ies que je vous ai transmises sur ce que je ferais si j"élais Jacobin. 11n'a pas oblenu beaucoup d'applaudissemenls. • C'esl sans doule celle prédication insurrectionnelle, installée à quelques pas des Tuileries, qui décida la Commission des Douze à l'arrêler. Elle n'élail pas facbée d'ailleurs de lier à la cause d'H6berl celle de Varlet. à demi suspect au peuple lui-môme. Dulard ajoute, en parlant de Varlet : « On vient de m'apprendre que lui el six autres sont en état d'arrestation. Or, \'Oulez-vous savoir ce que le peuple dit à l'égJrd de ces aboyeurs subalternes? Eh bien I tant mieux, ils nous embêtent; on fait fort bien de les foutre dedans; si on les y foutait Lou$, peut-~trc qu'ils nous laisseraient tranquilles et que les affaires en iraient mieux. • :--olezque Dutard ne cherche nullement à en lormir Garat, li s'applique, au conlraire, à l'effrayer, à le tenir en haleine. Qu'on rabatte donc ce qu'on voudra du propos du policier : il reste que l'arrestation de Varlet ne caumit guère d'émoi ou m~me qu'elle était approuvée· de plus d'un. Je lis, dans le comple rendu de la séance de la Commune du 25 mai (Chronique de Paris), ce passage suggestif : « Après qu'on s·est occupé d'Hébert, quelques sections réclament en faveur du citoyen Varlet; on ouserve qu'il ne faut pas mellre en parallèle ces deux citoyens. • Et lor,;que, le 28, Hébert relâché reviendra à la Commune, il sera obligé, en prfsentanl lui-m~me Varlet, de dire avec insistance, que lui aussi a droit à èlre protégé. Visiblement, la Co nmune et la plupart des comités révolutionnaires ne demandaient qu'à faire, autour de son nc,m, le moins de bruit possible. On le jugeait au moins compromettant. Pour Hébert, le mouvement de protestation est beaucoup plus vif; el si la Commission des Douze avait voulu faire tomber sa tète, il y aurait eu, sans doute, un soulèvement violent. Dulard écrit dans la Journée du 25 mai : • L'esprit du peuple est ries meilleurs; frappez vos coups avec mesure, évitez le sang. Le parti d'llé/Jerl pourrait soulever le peuple. Je crois cependant qu'il ne s'y déciderait qu'aux extrêmes. De l'indulgence I Mais ~i on pouvait le retenir quelques jours. cela ferait un grand bien. Il est bon que vous sachiez ce que, dans une circonstance telle que celle où nous sommes, il se passera, lorsque Hébert.sortira de prison ou des arrêts : c'est qu'il sera tout bonteut, il voudrait inutilement simuler !;enragé, le peuple ne l'en croirait pas. Il est une espèce de marque d'infamie gravéa sur le front de quiconque est frappé par la loi, el qui, après avoir déployé une jactance outrée, finit par échouer el se montrer le plu, faiule. Le peuple hait la faiblesse autant que la poltronnerie. Lorsqu'un arbre est auattu, tout le monde court aux branches. Je ne saii si je me fais entendre. •
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