Jean Jaurès - La Convention

1314 IIJS'l'OIIIE sor.lAT.IS'l'I~ acreplées par lui, cl la force armée de P,t1·isse troll\ ail ,ans chef. Par là l'autorité impersonnelle de la Convenlion 6lail accroc: quel était le chef de seclio11. désigné par l'âge pour le commandcmcnt, qui aurait refusé de transmellrc el d'exécuter ses ordres? nu moins, la Co111mission des IJouœ l'espérait. Elle espérait aussi que les sections, isolées les unes des autres, et 11r pouvant plus prolonger leur, séances au delà de l'heure où les • hommes cl'ordre > rentraient d'habitude chez eux, seraient dominées de nouveau par lt>,influences bourgeoises et modérées. Le mi'me jour, la Convention félicitait la section de la Fraternité, pour aYoir dénoncé le complot de l'assrmblée de la mairie. La Commune, sen tant la gralilé du coup qui élail porté el voulant réduire il sa juste mesure la pré· trnclue • conspiration », adresse un ultimalum ,'t la section de la Fraternité: "Le Conseil général instruit qu'11ne oéputalion de la section de la Fraternité a dénoneé à la Convention nationale un complot affrèll\, tendant à faire égorger des représentants du peuple et il faire dire ensuite qu'ils élaienl émigrés: « Considérant qu'il rst instant de fair<' arrêter sur-le-champ les auteur, de complots aussi abominables, invite les rédacteurs et porteurs de celle adresse à lui donner les renseignements nécessaires pour qu'il pui-se décounir les traitres et le, livrer ce soir aux tribunaux. » C'était habile, car la seclion de la l•raternité serait obligée on de s'en tenir à des déclarations v ,gues ou de réduire l'incident en précisant les propos de ~Jarino et de Michel. De plus, la Commune se donnait l'air d'Otre empressée à réprimer le complot, si seulement on daignait le lui faire connaitre. I..1 ~eclion de la Fraternité éluda la difficulté par une réponse savamment ironique, où se rcvèle déjà la nrnnière mesurée el hautaine de Royer-Collard: « L'assemblée arrôte à l'u,nnimilé qu'il sera répondu au Conseil général que l'aclminislratenr de police qui a présidé dimanche, à la mairie, l'as,eml,lée des membres du comité ré1olutionaaire, et le maire, qui a présidé la m,'mr a-sembléè lun li, peuvent lui donner tous les ren,eignements néces- ~aires. " L'assemblée s'empres;c également d'instruire le Conseil que la Convention nationale a décidé ce malin que la section de la Fraternité a bien mérité de la patrie. » Mais, s'il y a eu, dans une assemblée de délégués ré,·olutionnaires, une provocation directe au memtre de quelques Girondins, toutes les violences des journalistes et des orateurs, tolérées jusque-là, ne sont-elles ,.oinl une partie du complot? Qu'on arrôle donc ces fauteurs d'assassinat el qu'on les jugf?. La Commission , es Douze n'osait pas frapper Chaum•tle. Celui-ci, a,- sailli depuis quelques jours par les calomnies les plus violentes, o!Jligé d~

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