Jean Jaurès - La Convention

HISTOIRE SOClALISTg e,altés, de reproduire contre eux et de consac-rer, en qnl'lque sorte officielle• ment, les calomnies des libelles girondins contre les hommes les plus agis• sants de la Révolution. Elle et\l servi par H, la propag-ande royaliste el contre-révolutionnaire. El bientôt, toute flamme éteinte, tout ressort brisé, elle eùt été livrée à l'ennemi. A ce moment, c·csl bien Pari-, cœur de la nation, qui• portail Ja destinée». Les Girondins annoncent, dès les premiers jours de mai, que leur plan d'attaque est loul prt'l. C'e,t s,ns doute celui que Guadet va découvrir à la Convention : briser les autorités conslituées tle Paris, mater les sections('(, si Pal'i:; se soulève, écraser l'insurrection au moyen des forces bourgeoises mobilisées ou se retirer à Dourges et Caire appel à la France. Ala Montagne et à la Commune, les plus ardents voulaient prendre l'offensive el devancer la Giron le. Lejeune Lyonnais Lerlerc, qui élait revenu des lies aux premiers jour, de la Révulution et qui avait une ardeur extr~me, se plaignait des lenteur, et des tiésitalions de, révolutionnaires. Le procès-,·erbal de la Commune de Paris, du 16mai, dit:« Le Clerc; député de Lyon, qui s'e-t pré,enté à une pré cédonte séance pour foire I art de la demande formée par ce département d'un tribunal révolutionnaire, so présente rle nonveau à la tribune, et se plaint de la manière dont l'ont traité les journalistes. li donne des explications sur ce qu'il a déjà dit au Couseil. « Il annonce que, mal3ré les com nis,air<'s que lui avait donnés le ConFeil, il n·a pas cru, eu la disposition de; esprits, ùe ,•oir se présenter à la Con• vco ion. Il ajoute qu'on a le projet d'é:;-oqer les patriote,, et se plaint de la faiblesse de quelqurs Montagnard,. Il se ré.ume en di, anl qu'il n·y a qu'un moyen de sauver la Républi 1ue : il faut q11ele p•uplP se fasse justice, pour qne la justice babite toujours au milieu du peuple el quïl ne se trompe jamais. » Cette allusion à« la faibl,•sse do quelques Montagnards" visait Robe;- pierre. Celui-ci, toujours fidèle à son plan, qui était de discréditer à fond la Gironde san;, ent1mer la Convention, commençait à être débordé. De son discùurs du 16 mai, le peuple avait retenu et approuvé les propositions les plus hardies el les plus nelles, notammenL la création d'une armée révolutionuai1 e de sans-culottes soldés; mais il désapprouvail sa tactique temporisatrice. Robespierre commeoçait à être débordé. Dans la séance du 17 mai auxJacobins, dont le pâle procès-verbal recueilli par M. Aulard ne peuL donner qu·une idée bien effacée, les deux courant; St) heurLèrent : l'action légale et l'action 10surrectioonelle. L'observateur Outard a fort bien Lraduil les senlirneuLs variés des Jacobins à celle date, la force croissante de la politique de violence. ·• J'assistai hier soir, dit-il dans son rapport du 18 mai, à la séance des Jacobins, et j'y trquvai, comme p,rtout, à l'orJre du jour, l'insurrection insùJntanh, les moyens de diminuer les fo•ces de la Convention, el d'accrotlre eelk• de la faction, la coalitfon.

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