Jean Jaurès - La Convention

128() IIISTOlrtE SOGIA LIST~; doutt'. ,;ur les ,cntimcnt, qui animent les sections de Marseille. Il nous assura c1u·a1o111t èlè, il y a peu de jour,, dans cette ville pou·r y acheter des grains do11l a !'0111munede lloquevaii·e manque absolument, il eut des peines infinie, i, en troul'er; que partout on lui di,ail qu'il n'y en avait point, que Cl'pcndanl on lui en promit, 7io11,·v1q1u'il s'e1UJfl{teâ1/ormeltement, m, nom de sa commune, â adhérer â toutes les opéra/ions de celte de ,IJarse,1/e. Il nous a promis de faire con;,tater cc fait par acte authentique, qu'il doit nous faire tenir incesrnmment. Nous ne devons pas vous laisser iq1111rrqrw· les sociétils populaires qui sont t,·rs multipliées dans le dt'partemcnt des 1/ouchesdu-flhône, et qui semblent menaci&espar la coalition des sections d'Ai.c et de J/w·,eille, ont résolu, 71ow· la plupart, de se rhmir pour s'opposer â leu,· de.,tmctio11 q1u· fon prépa,·r, qu'elles 0111 fonni un comité central à S11lo11, N qu'elle, ont adopt,: la mernre d'envoye,· des commissaires dans toutes t,,s co11w11111epso11r qro.«Ù' ce comit,:. Nous nous sommes a1surés pal' nousmh,1es que te peuple flotte incertain r,11,·elrs 11111 et les autres, et q11e tout 1e11d à 1111 dt'cltil'eme,11 qui doit amener la dfrision et dtltruirr n11;i,.r111e11t l'e,wit public qui, 'a//aiblit journellement par le défaut de confiance. " Il esl clair qu'il ne suf'fil pa,, pour expliquer ce mouvement redoutable clecontre-révolution, d'alléguer les maladresses des deux rcpré,enhnts. Il ne surfil pas de dire qu'ils onl donné ries explications contradictoires sur l'arrestation du duc d'Orléans: l'un cléclarail, sans doute, que la Convention avail eu raison de frapper un conspiratrur, complice de Dumouriez; l'autre, qu'elle arnit eu tort de sacrifier un homme que les haines de la Gironde désignaient à la conOance des patriotes. La vérité esl qu'un fond de royalisme, à demi caché jusque-là, se soulevait sonr!ain. Jamais la contre-révolu lion n'avait désarmé; et dans le Midi surtout, il y al'ait toujours eu comme une conspir~lion latente. Pourquoi ce fond de conlre-rél'olulion émergeait-il soudain·? Parce que la Gironde, en dénonçant a,·ec une âpreté inouïe la Communr, la Montagne, Paris, avait fourni aux réacteurs les prétextes donl ils avaient besoin. Dans les 1illes ùu ~lidi, à Marseille notamment, une partie du pruple aYait gartlé des attaches monarchistes. C'est sous le pavil Ion de la royauté que des milliers ùe marins avaient tenté les gran1les aventures, el par leurs communications inces,antes avec les pay, latinl', avec l'ltalie el l'Espagne, ils étaient tout pénétrés de super,tition catholique. J'ai noté aux Archives, dans les documents relatifs aux subsistances, le nom ùes navires qui voyageaient entre ~larseille el Gênes en 1702 : ils ont tou~ gardé leur nom chrétien ou même monarchique: le Roi Flenri, le Saint Jo,1•ph, le Saint-Jean, la Très-l'ure-Conception, l'fmmaculée-Co11ception, le Sai11t-Coustant, le Saint-Nicolf!s. L'historien de Marseille, Fabre, écrivant en 1829,quand la tradition était encoi-etoute vive, note avec colère ce caractère royaliste du mouvement mar-

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