1ii0 HISTOIRE SOCIALISTE 1O) l's dans les départements el auprès des armées, que ces stipendiés de Pill lanrent les bruits les plus envenimés. Les scélérats I ils parlent de respect pour h représentation nationale; ils crient contre les Parisiens, el ils sont les premiers à l'avilir, à l'attaquer dans vous qui avez besoin de la confiance enlièra du peuple pour remplir avec succès la mission importante dont nous sommes chargés. » Jean-Bon Saint-André, le f7 mai, dans une lellre de Montauban, ajoute des couleurs sombres au tableau dressé par Garrau : « Le peuple est dans les meilleures dispositions, mais partout on tra,aille à !\•garer. la plus da119ere11sedes aristocraties, celle qu'e11fa11teNgoisme, l111tc con/l'e la liberlé et fait désormais cause commune avec l'aristocralie sarerdolale et 11obiliairr.C'esl à celle alliance qu'on peut rapporter peut-être Ir rlh•rloppnnmt de la (l1terrecivile dans la Vendée, el le ferment qui peul la dèYelopper dans tous les départements existe plus ou moins dans tous. Celui que j'ai olé plus particulièrement à môme de visiter est peul-être un des meilleurs ùe la République, el néanmoins, les aristocrates de toutes les couleurs n'y perdent pas l'espoir de susciter des troubles et de faire rétrograder la Révolution. » Il termine cependant sur une parole d'espérance : « Toutes les cloches du département, ont élé descendues. On en a laissé une à chaque église. Le reste attend la main de l'artiste pour lui donner une forme redoutable aux ennemis de la patrie. Éclairez le peuple el la Révolution 5'achèvera. • D'Arligoeyle et lchon, dans une lettre du 23 mai, datée de Lectoure, se plaignent des autorités départementales qui, sans cesse, contrarient leur action. De Melz, le 20 mai, Le \'asseur, Maignel, hlaribon, hlonstanl el Sonbrany dénoncent la liéùeur des citoyens : • Nous comptions, citoyens nos collègues, profiler du Jour de repos pour nous entourer d'une manière plus efficace des lumières du peuple. Nous nous (·lions rendus hier à la Société dans l'espoir d ·y commencer celle opération; mai<, uous vous le disons avec douleur, deu~ fois nous avons visité la Société dan, les trois jours que nous avons passés ici, el deux fois nou, ra,,ons lrou11·•~ déserte. Tout ce que nous avons vu dans ces trois jours, lout ce que fo11 11011.s a rapporl1'nous prout·e que la malveillance travaillr ici comme aillrurs lr pruple, que l'esprit public .est loin d'èlre à la hauteur des circonstances. • JI nous a paru que les corps administratif; sont bien éloignés de raire ce:;,er celle insouciance. Dans un temps où il faut être loul feu, ils ne feront 4u'augmenler leur tiédeur, en dégotltanl les patriotes par l'impunité qu'ils assurent au crime. • Que fera la France? lra-l-elle en une convulsion suprême de l'insllncl d,! conservation jusqu'à la terreur révolutionnaire·? Ou bien glissera-l-elle de la,,itude à un modérantisme qui sera d'abord pénétré et blénlôt submergé
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