Jean Jaurès - La Convention

12ûü 111S'l'OIRE SOCIALISTE cune trois membre., à l'effet de se trou\'er à l'assemblée générale indiquée en la -aile des éleclcurs, à l'i>vêché. « C1•strois membres se,·ont choisis, l'un par l'assemblée générale de chaque section, l'autre par le Comité i·évolutionnaire, et le troisième par te Comiti' civil, et pris parmi tes membres qui composent lesdits comités. « Celle asseml>lée esl convoquée à l'elîel de discuter sur les moyens les plus prompls, les plus sûrs el les plus uniformes à prendre pour la levée de l'emprunl forcé, sur le lieu du dépôl des rnmmes qui en proviendraienl; m/in de prcnd,·e des mesures pour que cet emprunt ne porte que sur les riclœ,, rt des moyens pour ménager le plus possible la classe simplement aisée qui a fait des sacrifices pour la Révolution. » Ainsi la Commune, plus prudenle peul-èlrc que quelques-uns des amis de Yarlet, marque son souci de ménager, jusque dans l'application des me- ,ures révolutionnaires, la classe moi enne, la bourgeoisie d'industrie et de modeste négoce. II n·y avail pas de confusion pos,ible enlre celle assemblée conl"oquée par la Commune pour l'exécution des lois, el les réunions ré1olulionnaires lenues à J"Êvêch6. i>t pourlanl la déférence de la Commune pour les_comilés réYolulionnaires, le souci qu·e11e a de ne rien décider sans eux, tout témoigne que le centre de la force el du pouYoir se déplace peu à peu "ers ces comilés. La Commune n'esl poinl dépossédée ni humiliée, mais elle e,l toujours plus élroilement obligée d'harmoniser son aclion à celle des groupements révolulionnaires. El l'É1·ôché semble devenir le siège d'une puissance un peu ambiguë, mais d'autant plus redoutable, parce qu'elle a une face légale el une face insurrectionnelle. Les administrateurs de police, qui étaient plus direclcmenl aux prises avec tous les éléments conlre-révolutionnaires qui abondaienl dans la grande cl con!u,e cité, et qui étaient ainsi, par leur fonclion même, des hommes tl"acliooel de coup de main, sen•aienl en quelque sorte d'intermédiaires entre la force légale de la Commune el la force effervescente des sections les plus agilées. Ce sont eux qui 01\l suggéré à la Commune, le 15 mai, la formation de l'armée révolutionnaire soldée et l'arreslalion des suspects. Cc soul emt qui onl reçu de la Commune le mandat de préparer ou d'assurer l'exécution de ces mesures. Ce sont eux qui, dès le H mai, par une lettre signée Lechenal el Saclès, invilèrenl les comités révolutionnaires des sections à former une -assemblée à la mairie, à l'e[el de prendre des mesures de police dans l'inlérèl du salut public el de dresser les listes des suspects. Mais qui ne pressent que, ,ous le couverl du secret dont la Commune a décidé de couvrir ces délihérations, les motions les plus audacieuses vonl se produire? Qui ne pressent que parmi les suspects à arrèler vonl èlre signalés d'abord les suspects par excellence, les chefs de la Gironde? Ainsi l'heure du corps à corps approchait. La Gironde était avertie. Elle savait que, depuis le commencement de

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