Jean Jaurès - La Convention

HISTOIRE SOCIALISTE 1:?55 aux moyens de sauver la patrie, l'a,semblée des commissaires des sections réunis en majorité dans une des salles de l'É"~cbé, après al'oir procédé à la vérification des pou mirs, a arrôlé qu·ene se consliluail en as.,emblfircentrale de salut public el de co,.,.espondance avec tous les départnuenls de la République pour la sauvegarde du peuple; qu'une députation de quatre de ses membres seront envoyés à l'assemblée électorale, pour inviter les assemblées de canton du département de Paris à nommer chacune 4 commissaires pour se réunir à ceux lies 48 sections; que les canton, faisant partie du département de Paris, seront convoqués pour nommer des commissaires qui feront partie de l'assemblée, et que copie de l'arrèlé de la section des Droils de l'Homme et de celui de rassemblée leur sera envoyée. • C'était un plan d'organisation très vaste; tous le, rouages composant le mécanisme du pouvoir légal étaient comme transposés en un mécanbme révolutionnaire. Les 48 sections de Paris, avec leurs commissaires, représentaient le sufîrage universel parisien, la force vive et spontanée du peJple, la source multiple el une d'où émanaient tous les pouYoirs. L"assembl<~ électorale, c'était l'en~emble ·des électeurs du second degré, g;,i avaient nommé les députés à la Convention el qui se continuaient en une sorte d'assemblée permaneute. Eufln, les assemblées cantonales avaient procédé à l'élection des membres du directoire du département. Ainsi toutes les autorités de la Révolution, la Convention, le département et la Commune même, étaient comme enveloppées el subordonnées par une organisation révolutionnaire qui remontait à la source naturelle de tout pouvoir, le peuple, el qui s'appropriait même ces délégations immédiates du pouvoir populaire d'où éiaieHl sorties les autorités constituées. C'est dans la salle de l"É,·êr,hé, toute voisine de l"llolel-deVille et où siègeail l'assemblée électorale, <lel'e11ue,en se continuant, le club électoral, que la nouvelle organi~ation pr1'11aitséance; elle se di,linguait ainsi de la Commune légale, mais s'installait à côté d'elle pour la dominer, l'entrainer, et, s'il devenait ulile, la dépasser. La Commune ne put, en e!fet, refuser une sorte d'investiture: Durant la séance du i" avril, « une députation de la majorité des sections, réunis à l'évêché (bureau n• 6) pour délibérer sur les moyens de salut public, donne avis au Couseil de sa réunion, el demande qu'il soit pourvu à ses frais de bureau. Chaumelle fait observer que les commissaires de la ma- ;o,·ilé des sections 11ese réunissent à ri:vêché que faute d'un local suffisant dans la Maison commune, el qu'en conséquence le Conseil doit sanctionner celle réunion. L• Conseil arrête qu'il pow·voira aux frais de bureau de celle assemblée. • Ainsi la Commune adoptait ce terrible et remuant voisin. ~lorlimer Terneaux imagine (car ce qu'il dit pour les derniers jours èe mai s'applique é1·idemment dans sa pensée à toute celte période) que c'est par une sorte de machiavélisme révolutionnaire que fut instituée cette dualité de pou l'Oir : le

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