Jean Jaurès - La Convention

1216 lllSTOlllE SOCIALISTE tluence cles idées économiques de Garin. Si donc, le 18 anil, le Conseil général de la Commune s'élail associé à la démarche du département, c·était sans corn-iction bien ardente, et sans doute sous la poussée de quelques sections. Dans la séance du li aYril, quand des délégués des sections viennent propo,er une fête civique au champ de la Fédération, les tribunrs crient : • A bas la fête! il nous faut du pain. » Le Conseil général n·osa pas aller contre res sommations et il se donna l'air de faire quelque chose. )lais sa politique économique élait autre. Au fond, avec les larges subven lions qu'il avait re- ~ue- de la Convention el gui lui permella ienl de maintenir le pain à 3 sous la lin-e, Paris n'avait aucun intér,'l à la taxation des grains. Il pouvait même rr.iindre que celle ta,alion rournil un ,.réte,lc décisif de ne plus continuer le;; subYenlions nationales à la Commune de Paris. El suffirait-il de taxer le f(rain pour maintenir le pain à 3 -ou, la line? C'élail fort douteux; le Girondin Ducos, dans la séance du 18 à la Comenlion, apprenait aux pétitionnaires que le pain se vendait à Bordeaux ,r µl sou, la livre, au prix du commerce. Le ma.rimum du pri, des grain, pcrmrltrail-il clc ré.luire de moitié le prix du pain• Ce n·étail pa~ probable. Ausgi, ce ;ont plutôl les communes voisines rie Paris que la Commune de Paris mème, qui décidèrent sans doute le dè1,arlcmenl à drmander la taxation des grains. Cr n'est pa;; là le point vif de l'agitation de la Commune parisienne. El lorsque les femmrs de Ycrsaillcs, au commen cernent de mars, viennent à Pari5 pour peser sur la Convention et obtenir d'elle le ,ote du maximum, la Commune de Paris, tout en leur ménageant un fraternel accueil, semble surtout pr<'·occupéede les surl'ciller, de les mettre en garde contre toute démarche téméraire. ~,•ance du 1" mai.• Le citoyen maire annonce que les citoyens de Yersaillc, :-e disposent à passer la nuit dans la. salle de la Convention en attendant que ses memLrcs se réunissent. Le Conseil ill\ile Je citoyen maire à aller leur repré,enlcr que la salle de la Convention est une propriété nationale qui doil litre rcspectér, el nomme des commissaires pour raccompagnPr. » Chaumelle était plus préoccupé d'organiser ce qu'on pourrait appeler dans notre langage présent « l'assistance cl l"assurance sociales • que de réglementer le cours des denrée,;, et c'est dans ce sens qu'il orien tail la Commune. Elle décidr il sa deman·le, le 4 mai, « qu'il sera fait une pétition à la Con,ention pour lui demander la prompte organisation de l'instruction publique, des établissements pour les pauvres valides et infirmes, enfin qu'elle charge les comilés d'agriculture et de commerce de leur faire à une époque !hc un rapport sur les moyens les plus prompts el les plus sOrs, 110n pa; de soulagn les mis/tables, mais d'rxtirpn· la misère en procurant à la jeune.,.>e 11,ie ,·cssottrcepour la t'ieillesse, et à ceux qui n·ont que des bras, du cou-

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