1238 HISTOIRE SOCIALISTE seul qu'il a1ait la figure d'un honnête homme. Ils ont allégué que l'Assemblée ayail arr,'té auparavant que les commissaires de police ne senienl nommés qu'après que les cartes seraient changées, el qu'ici la nomination est l'effet d'une eab~le. « Il e.t étonnant combien la loi mi:'e à exécution a d'empire sor le pruple. Si la Com ention lai,;se substituer à rnn autorité celle des comités de surl'eillance, elle est perdue, et je ne lui en donne pas pour huit jours.• Je laisse, bien entendu, la responsabilité de sa philosophie feuillanUne à l'ob~crrnteur Dutard, qui ne ce;se de répéter que Lafayette était son dieu. Mais ses notes nous permettent de voir en action les comités de surveillance. Un de leurs premiers actes fut de déclarer que les cartes d'identité de chaque citoyen de-aient Nre établies de nou"eau pour que la sincérité des oµérations électorales fùl entière; el on devine combiea d'occasions s'offrirent à eux, clans celle réfection des cartes, pour inquiéter, décourager et détourner des sections les citoyens ho,liles à la Montagne el à la Commune. Dans presque toutes les sections, les commissaires de police, soit qu'ils aient été élus avant que les forces bourgeoises se portent dans les sections, soit qu'ils aient été choisÎs sous l'influence des comités ré,oluûorrnaires, marchaient d'accord avec ceux-ci : c·étaiL encore une grande force pour la Révolution nouvelle qui se préparait. Mais c'est surtout leur union a,ec les autorités constituées du département et de la Commune qui donnait aux comités une grande puissance. c'était un faisceau presque indestructible des forces révolutionnaires se complétant le,; unes les autres. Le procureur de la Connnuoe, Chaumelle, comme s'il eût voulu racheter la modération forcée dont il fit preuve le 25 fénier el le 10 mars, se répandait en motions 1éhémeotes, en.réquisitoires arJents.11 semble a:;ité par une sorte de fièvre patriotique e! révolutionnaire. Le 28 airil, la section des Droits de l'Homme, celle qui avait été compromise dernnt la CClnYentionpar le drapeau Oeurdelysé qu'elle y avait porté par mégarde, lieo._t à prouver la,Pureté de son zèle révolutionnaire: « Le commandant de la section armée des Droits de l'Homme fait part du désir qu'ont les citoyens de celte section de présenter an Conseil général Je drapeau quïls ont substitué à celui qui oJiusquail les regards des républicains, étant souillé des signes du royalisme. Le Conseil, ayant le maire à sa tête, descend sur la place de la Maison Commune, y faire l'inauglll'alion du nouveau drapeau. Le Conseil remonte ensuite, accompagné de la force armée de ladite section qui défile dans la salle au son de la musique militaire et au milieu de nombreux applaudissements. • C'était dissiper l'ombre qui pesait encore sur les récentes journées insurrectionnelles. C'était proclamer le civisme de ceux qui avaient porLéd'audacieuses paroles à la Convention. De même, le 24 avril, le Conseil de la Corn-
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