t:?28 IIISTOIRE SOClALlSTI!: vo11lc1u".\1t ou 15, el que si les deux partis ne se réunissent pas, cela ne lienl qu'à l'opi11iàlrelé el au peu de lêle de l'arislocralie qui ne veul pas céder. Par cc trail vous pouvez juger combien vous devez compter sur les propriétaires de Paris; il faudrait lrs enchainer tous l'un contre l'autre, pour pouvoir en tirer quelque chose. " Us force~ du modérantisme manquaie.nl donc d'unilé el ellei élaienl incapables d'une adion d'ensemble: la manœuvre inquiétante el équivoque des hommes de I ancien régime faussait et paral)'.sail la résistance. El de plus, les bourgeois, le< modérés n'avaient pas l'esprit de suile, la lenacilé. lis venaient en grand no nbre aux sections sous la menace d'une révolution nouvelle qui porte,ail allcinle aux propriélés; ils y venaient surlout sous le fouet de la loi du rccrc1temenl; mais ils ne pouvaienl sortir longtemps de leurs habitudes. Ayant peu fréquenlé les seclions jusque-là, ils y élaicnl novices; ils se décourageaient au premier échec ou ils ne savaient pas profiler de leurs victoires. L't mème oü ils élaienl en majorité, ils se laissaienl, comme nous l'avons vu, faire la loi par une minorité organisée, qui avail élé jusque-là mallresse des sections cl qui en con111is,ail le maniemenl. A la manœuvre improvisée cl incoh6renle de la bourgeoisie,à l'élan vile amorti des modérés, les s tns-cu'olles opposaienl, au contraire, une force étonnante de passion, d'organisation el de persévérance. L'inslincl révolulionnaire élait surexcité en eux au plus haut degré. C'en était l'ail cle la liberlé, c'en élait rail de toute.; les conquêtes de qualre ans de révolution si, à celle minule décisive, Paris faiblis,ait. Mais en marne lemps qu'ils senl·lient s'exaller en eux toule la force de la Révolution menacée, les sans-culolles compren1ienl que celle rois ils jou,1icnl une partie bien à eux. Dans la cause générale de la Révolulion c'était leur cause qu'ils servaie ,L. L'énergie de la conscience popul~ire n'esl poinl diminuée, et son élan n'esl pas abaissé; mais à l'idéalisle ferveur qui soulevait Je peuple en juillet 1780, en aoûl 1792, avail succédé une sorle de positivisme révolutionnaire, précis, véhément el (lpre. Le peuple ne se jetait plus au danger d'un premier mouvement, il ne s'en remellait plus à l'obscur avenir du soin de jnslificr et cle réco 11penser son héroïsme. li commençait à avoir des inlérM, à lui. Lcssans-culolles, les démocrale,arnienl déjà envahi un assez grand nombre d"a lministr ,tions. Avec Pache ils avaient occupé les !Jureaux du ministère de la guerre: et sous son second successeur Bouchollc ils en étaient res•és le, mallres.11s commençaient à goûter aux fonclions rémunérées, à l'orgueil el au1 pro%; de la hureaucralie dominatrice et appointée. Dans les cadres de l'armée envoyée dans !"Ouest ils pouvaient se promellre, avec Sanlerre, avec Ron,in, des emplois el des grades. L'idée leur venait que Ioules les fonctions jusquelà g,·aluiles, qu'ils avaient exercées dans les seelions, dans les comités multiples, comités civils, comilés de surveillance, qui avaient absorbé jusque-là une si large part de leur Lemps, pourraient bien, un Jour prochain, être payées.
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