Jean Jaurès - La Convention

Il IS'l'OlfiE SOCIALISTE 1225 ne se croit pas en force, el qu'au milieu d'une énorme population, ento11r1\c d'écueils el de dangers, elle n'a ni assez d'habiles politiques, ni des observateurs assez adroits pour oser tenter la moindre entreprbe. " Plusieurs srctions ont éprouvé des dissrmiom, et il parait q11epartout les riboyeurs 0111été battus; S,ii11t-Jacqurs e,t l'une des .1rctio11, 111r ie dois joindre à celles dont je vo11sai parlé ce matin. • ,1/aisje crains surto11t pour le moment où le 1·ecrute111e1.1,rtra tcn1ti11é, pour le moment où chaque marc!tand, rltar1ue proprù'tairc, chflq1te 11w1111- (acturier srra rentrt' da111sr, boutique, dans sa maison, dai,s su,1 atcl,er, avec ses commis et empfoy~•- » C'était bien en e!îct l I question clu recrutement c1ui faisait affluer aux section, toutes les forces modérées, bourgeoises et boutiquiùres <leParis. Dans un rapport du 6 mai : • Ce malin on m·a appris que la section \lauconseil en c,l venue aux mains hier soir: celle de Saint-Euslache a brisé les chaises et ,'est ,elirée sans rien délibérer. » Le 7 mai : « Hier soir j'allai faire un tour aux Champs-Elysées, aux Tuileries, el je lroul'ai parloul le peuple assez tranquille. Je fis une remarque essentielle et qui me fil plaisir: c'est que je trouvai sur les promenade,; moins de :nodérés qu'à ror .inaire. Plus le danger approche, et plus il/i sentent le besoin de se l'éunir. Dieu ,•euille que ce senliment qui, en dépit de la faction, a fait des progrès assez rapides, pui;se en faire de plus eu plus el de tels que la classe propriétaire ne fasse plus qu'un. « ••. J'allai à ma section et j'y lrnul'ai une assemulée nombreuse; je fus témoin d'une discussion sur un arrèlé de la section Poissonnière qui porlail deux dispositions principales; l'une avait pour objet de demander l'élar, 1issemeut des jeunes qe11sarrètés aux Clwmps-Élysées, et par l'autre disposition la section dispornil que Santerre avait perdu sa confiance. L'assemblée a passé à l'ordre du jour sur celle ûeroièrc proposition mais il s'est engagé une vive discussion sur la première. Et ce qui est remarquaule, c'est que presque tous les opinanls étaient d'avis de demander la liberté des révoltés, et l'Assemblée a encore passé à l'ordre du jour; une première épreuve n'ayant rien produit, on a choisi deux censeurs dans la Montt,gne J,our juger la seconde; et ils ont eu l'impudence, malgré que le parti des modé1·és surpasstit l'autre de plus de 40 membres, de décider le ballollage pour les Enragés; c'était un confrère d'lléberl qui présidait: on m·a dit qu'il s'appelle Guiraut. « Dans l'assemulée et à la sortie, j'ai remarqué la plus grande satisfaction parmi_les modérés; tous, en sortant, s'invitaie11tréciproqueme11t à ét,·e assidus. lis sentent bien que tant qu'ils seront à la section on ne les égorgera pas. • Dutard croit respirer une sorte de printemps du modérantisme : • Hier soir, écrit-il le 10 mai, je vais me placer au milieu de l'aile droite

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