Jean Jaurès - La Convention

1202 IIISTOIRE SOCIALISTE truelle el de l'autre l'épée pour repousser les ennemis. !•tallons pas nom fairr la 911rrrr,aninwr les sections, les mettre en délibération sur des objets partilllliers, tandis que nous devons concentrer leur énergie pour la diriger contre les Autrichiens ... Si Paris montre une espèce d'indignation, il a bien le droit de rrporter la guerre à ceux qui l'ont calomnié après les services qu'il a rendus. >) Était-ce la guerre avec la Giror.de ou la paix? Parfois Danton semblait tendre la m;1in aux hommes du côté droit, comme lorsque le 10 avril il dit, en répondant à Yergniaud, à propos de la Déclaration des droits de l'homme: « Hien ne doit plus nous faire présager le salut de la patrie que la disposition actuelle. Dans l'importante question qoi nous agite, nous avons Jusqu'ici paru divisés, mais ce n"était que sur des mots, car aussi/dt qur nou, nous occupons du bonheur des hommes, nous sommes tous d'accord. ( Vif, applaudi.<srmrnts.) Vergniaud vient de vous dire de bien grandes et d'éternelles vérités. • Même le l6 avril, même quand les sections de Paris demandent par la voix d'un jeune ami de Danton, la proscription de vingt-deux Girondins, il essayait, par Philippeaux, ce qu·on peut appeler une contre-ma11œnvre de conciliation. En un langage assez souvent emphülique el bizarre, mais qui n'était pas dépourvu de grandeur, Philippeaux supplia tous les partis d'abjurer leurs haines el de rendre atLx délibérations de la Convention Tiationale leur majesté. Il demanda qu'au besoin, par un libre ostracisme, les • douze athlètes• qui s'ôtaient déchirés depuis des mois emportassent avec eux l'esprit de faction, et il proposa le décret suivant : • La Convention nationale déclare qu'elle veut sauver la République ou s'en~evelir sous ses ruines, el qu'en consêquence elle regardera comme mauvais citoyen celui de ses membres qui lui proposera de se dissoudre, même en partie, avant d'avoir donné au peuple une Constilulion domocratique qui garautisse d'une manière stable l'égalité el la liberté. La pélition lue à la barre, dans la séance d'hier, par les commissaires de plusieurs sections de Paris est formellement improuvée et liberticide. - Pour n'être plus distraite des devoirs sacrés qu'elle doit remplir, elle défend à tous ses membres de se permettre Jamais, dans ses séances, aucune injure ni déclamation, ni dénonciation personnelle, à peine d'être censuré au procès-verbal, el proclamé aux dépàrtements comme ennemi de la patrie. - Si un membre découvre une conspiration el qu'il veuille dénoncer un de ses collègues, il sera tenu de raire sa dénonciation au Comité de salut public, qui en fera son rBpporl à l'Assemblée.• Cela est bien anodin el bien enfantin. Comment apaiser par des dispositions réglementaires les fureurs des partis, quand ces foreurs répondent à l'antagonisme profond des conceptions el des méthodes 1 Peut-être est-il téméraire d'attribuer à Danton l'idée un peu puérile de ce baiser Lamourette.

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