Jean Jaurès - La Convention

1100 1118'1'01llE SOCIALISTI~ €lrs,·cs au cri de : « A has les Jacobins! • mêlé peu t-élre du cri de : • Vive le roi! > La Gironde éteignait ou alliédissail partout l'ardeur révolutionnaire: ell<' cherchait des excuses m~me à la contre-révolution de l'Ouest. Je lis, à la date du 21 mai, dans la Chronique de Paris, rédigé• alors par les deux !(irondins Ducos el Rabaul Sainl-ÉI ienne, ces paroles extraordinaires el qui montrent la sorte de solidaril6 funeste qui commençait à se nouer entre la Gironde el la contre-révolution par un esprit commun de négation et dP résistance : • Robespierre le jeune a entrepris de justifier celle conduite des tribunes en récriminant contre ceux qui s'en plaignaient avec le plus d'amertume. li a accusé nominativement quelques-uns de ses collègues de tenir, à la tribune, le même langage que les révoltés de la Yendée. • Ces révoltés, dans ce cas, viendront bientôt à résipiscence, puisqu'ils demandent, comme les membres inculpés, que la Convention nationale soit respectée, et qu'une constitution républicaine succèùe à l'anarchie qui nous dérnre; il ne peut y avoir entre eu, el les patriotes que des malentendus. • Malgré ce qui se mêle d'ironie à ces phrases, il y a une avance évidente il la Ycndée, la tentative déjà avouée de former un grand parti de conserva• tion el de modération. Abandonnée à la direction girondine, la Révolution se ser,iil dissoute. La situation était si grave, les ennemis de la France avaient conçu de telles espérances de la trahison de Dumouriez el du soulèvement de l'Ouest, que Fersen écrivait à i\larie-Antoinelle comme si elle allait être, dans quelques jours, régente de France. Du Temple, où elle était enfermée, elle correspondait avec le dehors par l'intermédiaire d'un des deux commissaires de la Commune, Touland, qui avait été touch6 de son œalhcur el de sa triste beauté. Ainsi, en mars ou avril, M. de Jarjayes a pu en\'oyer à Fersen copie d"un billcL qu'il a reçu de la « reine • : • Adieu,je crois que si yous éles bien décidé à partir, il vaut mieux que ce soit promptement ! Mon Dieu! que je plains votre pauue femme. T... Touland) vous dira l'engagement formel que je prends de vous la rendre, ,i cela m'est possible. Que je serais heureuse si nous pouvions être J.,icntôlLous réunis 1Jamais je ne pourrai assez reconnallre loul ce que vous avez fait pour nous. Adieu' ce mot est cruel!» El Fersen, par la m~me voie, lui faisait tenir celle lellre datée du 8 avril el qui esl tout un plan prochain de régence et de restauration : • La position où vous allez vous trouver va Mrc très embarrassante, vous aurez de grandes obligations à un gueux (Dumouriez) qui, dans le !ail, n'a cédé qu'à la nécessité: il n·a voulu bien se conduire que lorsqu'il voi ail lïmpossibililé de résister plus longemps. Voilà tout son mérite envers vous; mais cet homme est ulile, il faut s'en sen•ir et oublier le passé; avoir méme l'air

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