Jean Jaurès - La Convention

il \6 HISTOIRE SOCIALISTE nohles à prine 'convertis d'hier par l'égoïsme et la peur, comptaient davantagr sur les fanatiques de la plèbe. L'ancien receveur des gabelles, Souchon de 1Iachecoul, le perruquier Gas. ton de Saint-Christophe-du-Ligneron, le garde-chasse au servirc de ~faulé, rier, Stofflet, le colporteur exalté et dévot du Pin-rn-11auge, Cathelineau, étairnlle, hommes dn clergé, et ils ne se souciaient pas de se li"rer à discrétion au, nobles: ils ne marchèrent d'aborcl qu'avec celle petite noblesse « de peu cle fortune et de peu clr race » qui ne leur portait pas ombrage. Baudry d'.\s-on, notamment, sortit clu rnnterrain où il se tenait cacht\ pri's cle la ForN-sur-Sèvre, depuis l'affaire de Bressuire, el se mit en cam1,a1?:naevec les plébéien~. i\lais les cléricaux se moquent q1nnr\ ils représentent le mouwmrnt vendéen comme « radicalement populaire», et les documents recueillis par M. Chassin font la lumière décisi\·e. Oui, les pr~lres faisaient <lirectrmrnt appel aux pay,ans, oui, ils ne voulaient ni aban<lonnrr Loule la direrlion an, nobles ni 1iroduire ceux-ci trop t<)t. ~lais le clergé savait bien que l'insurrrction ne pouvait aboutir qu'à la reslauralion du régime ancien où le priYi• li'/l'e de la noblesse aurait sa plarr. Il savait bien que la nohlesse, avilie el matée par la Révolution. compren1lrail rlt'sorm1is la nécessité fin faire rame commune avec les prêtres. Et il se rendait compte que le mouvement, à mrrnre qu'il s'étendrait et s'organiserait, passerait aux mains des nobles. En fait, le clerll'é servait d'intermédiaire tout puissant entre la noblesse encore masquée cl le peuple. Dans l'apparente spontanéité <lu mouvement il y a d'emblée une organisation, un p\;in, el quoique la colère des paysans ait devancé le si,:,;nal,quoique la vaste et sourlaine insurrection préparée par ks chefs secrets de l'Ouest, par le clan des confident, de la Rouerie, ail t'clalé c1e façon un peu hâtire el incohérente, les traces d'une pensée directrice s'y rrtrouvenl dès le début. Mercier du Rocher l'a noté avec beaucoup de précision el de force. • Il ne faut que rapprocher les dates des combats pour se convaincre que le plan drs rebellrs éL1it combiné. Ils attaquaient sur plusieurs points it la foi,. fü étaient, le '10, à r.oueron, à ~fauves, à Sainl-Philbert, à Clisson; ils y furent battus le 12 par les ~an tais, tandis qu'ils attaquaient nos troupes à Saint-Hilaire-la-Forêt, à ~lachecoul, à Challans, à Montaigu, à Saint-Fulgent. Le 14, ils s'emparent de Cholet. repoussent les patriotes à Chantonnay et au, Herbiers. Les i2, 13, il, 15, 16, les ~an lais fabaient des sorties sur eux par lPs roules de Rennrs et de Paris; tandis que le 1;; les Brigands, s'étant ralliés après leur défaite de Clisson, tombaient sur les gardes nationales, el les harcelaient pendant cinq lieues. Le 17, l'armée de Nantes fit une sortie géoérale et repous~a les rebelles, leur tua beaucoup de monde au pont du Cens, ce qui rouvrit la communication avec Rrnnes. Le même jour, le8 Brigands ,e montrèrent sur les hauteurs de Chantonnay, d'où le ~néral Marcé les dé-

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