1142 IIJSTOIHE SOCL\LISTE lion croissante <lesgroupements révolutionnaires et obligées de compter avec eux. Quand )laral a dénoncé les pétitionnaires de la section Poissonnière el quand Isnard, le prenant au mot, <lemande qu'ils soient livrés au tribunal réYolulionnaire, il se retourne furieusement et dénonce les rolandistes. Danton n'aurait pas con:;enti à exterminer de la fiévolulion les forces téméraires et ardentes, el comment eOt-il pu laisser frapper les Cordeliers, oü il amil grandi, el qui venaient de donner leur adhésion à J"adresse insurrectionnelle de Varlet? Bientôt, aux Jacobins, Robespierre, soucieux d'étendre sa popularité ju•qu'aux limites cxlrômes du mou,·ement révolutionnaire, lrnlera de renüuer avec les groupes les plus ardents; il s'emportera contre ceux qui refusent la parole aux Enragés, et à la mort de Luzow,ky, un de ceux qui prirent part à la tentathe in,urrectionnelle des 9 et 10 mars, il le glorifiera . .\ insi, on n'aurait pu frapper « le comité insurrectionnel•• sans atteindre eti même temps toutes les forces de rérnlulion auxquelles il était comme entremêlé, et Lou,·et et Salle avaient raison en quelque manière lorsqu'ils dbaienl à Garat : • Le comité insurrectionnel, c'est le club des Jacobins •· )Jais combattre les Jacobins et avec eux la Montagne et la Commune, les enwlopper clans la responsabilité directe d"un complot qu'ils avaient désavoué et refoulé, c'eùt élé une politique monstrueuse, la perte de la Révolution el ùe la France; c'eOt été la trahison de Dumouriez commencée du dedans, et ea quelque ,;orle, par l'autre Lont. Et c·est encore là un indice do déséquilibre d'esprit de la Gironde. Yergn faud u·allail pas jusque•là, el il se contentait de se répar.dre en tristesses éloquentes. Or il ne fallait ni gémir ni accuser. li fallait se recueillir en un supr~me effort de pensée et de conscience, et se demander pourquoi, peu à peu, la Gironde avait perdu la direction de la Ré,olulion, pout·quoi elle avait animé et coalisé contre elle tant d'énerHies el comment elle pourrait refaire! 'unité de la Révolution. Elle n'i songe" pas, et l'éguïste frivolité alla croissant en elle à mesur~ que de toute part s'élargbsaient les al,lmes. llrusquemenl, en eITet,les périls de la Révolution s'aggravent, au dedans et au dehors. E□ Vendée, le fanatisme religieux, qui couvait depuis deux ans, éclate. Dans ces pays de petites métairies el de petites fermes, où les 1illes étaient rares, où les bourgs même étaient clairsemés, le prélre était à cette époque le seul lien social. Sans doute, les pay,ans s'étaient réjoujs de la suppression des dimes, el ils avàieut pris, aux enchères publiques, leur part des biens d'Église, des couvents el abbayes. !.lais il leur sléplaisail que le prêtre qui ,ivail avec eux depuis des années et qui leur parlait à la fois de très près eLde très haut, puisque dans la familiarité de la ,ie commune il leur parlait au nom cle Dieu, fùt remplacé brusquemen~ pour a,oir refusé le serment à la Consliluliou chile, par un inconnu, qui n'avait peul-èlre pas reçu la véritable iOlc,lilure divine.
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==