Jean Jaurès - La Convention

IIISTOIIIE SOCIALISTE ii:.l1 légales que, wr l'inilialivc de l)anton, prenait ou annonçait la Convention ùéli\ raie ut le pe111lleùe tc,ute obses,ion sanglante. li y !'Ul cepcnùaul de, groupes ré,·olutionnaires qui essayèrent une action· ,•iolc11te. lis avaicnl comme démèl(• la sourùe pensée de trahison ùe Dllmouriez, et ils vo11lairnt en finir avt!c la Giro,ule dénoncée par eux comme complice du trallre. C'est la section ùu l'allhouri, Pois,on11ière qui donna le signal. }1ortimer-Tcrne u1x a retrouvé au~ archives du Comité de sùreté générnle Je manifeste qu'elle lança le 9 mar, au matin : « Les meml.Jrcs composant le comité de surrnillanœ des défenseurs de la llèpublique une et indivisible des déparlem rnts, \'ivement atreclès des dangers qui me11aceal la ch•lSC pul.Jlio1ue,et nolammc11t la ville de Paris, étant en Hal de perm·1neace, onl pris un arrèlé c1u'ils ont cru devoir ,ous comrnuni~uer. Cel arrèlé porle que Ioules les seclions de Paris, qu'ils onl crues compo,ées de sans-culottes, ,011Linvilées à se joindre aux défenseurs ùe la palrie pour opérer une insurrection, de laque lie doil résultel' uu bien général pour la I\é~ublique. Le point de ralliemenl esl fixé aux Jacobins Saint-Honoré. Ils ,ous pr~1ieunenl que le tocsin souuera à cinq heures lrès précises du matin; ils vous invite11l à suivre leur exemple afin de ra,sembler un assel grand nomhre dé s1ns-culo1·1es. pour qu'ils puissent en i111posearux /actieu.c qui siège,tt dans la Conun1tion, et pow· se ttansporter dans toutes les matsons où s'impriment les journaux de Brissot, Gorsas, el autres de mè1u1~nature. Le salul de la l\épublique nous impose celle Làelle; secondez-les eu uons frères; tous le; intrigauls el malve,llanls eapllalisles f'r6mil'ont en voya11l nolre réuuion et la patrie sera sauvée. • Aux ci-devanl Jacol.Jins ile la rne Sainl-llonoré, à deux heures ùu matin, le 9 mars 170.l, an li• ue la République, CUA.l!PAGNAT, président; A,rnne ÜADCT fils, secrétaire. • Ici encore c·esl un manifeste à la l'ois politique el social. Il e,l dirigé coutre les lrallres et contre les ca pilalist~s. Le locsin ne sonna pas. A peine sur les 45 seclio11s qui s'élaie11l réunies le 8 au soir pour e11ten,,re les commissaires de la Convention, trois ou qualre élaienl-cllcs décidét'S à u11mouveme11l insurrectio ,nel. Les autres restaient fidèles à la Con\'enlioa, à Loule la Convention. ~lais durant Loule la séa11cedu 9, des groupes animé,;, l'èhèments, menaçants, se prnssèrent autour de l'A:;.;emblée. Et le soir, entre 5 el 7 heures, quand la séance fut levée, ils forcèrent les ateliers de quelques j,Jurnaux et détruisirent l,·s presses du journal de Gor,as et du journal de Condorcet, la Clt,·unique de Paris. Au Patriote français el au journal ùe Prudhomme ils ,e heurtèrent à la résistance des ouvriers. Ce n'étuiL pas une insurreclion, ce n'était plus qu'une émeule. Le 111oavemenl n'étail ni vasle ui dirigé par une Jorce centrale. Pourtant l'agitation ne lomba pas toul de suit.e. Au, Cordeliers, les Enragés étaient puissants. Varlet, daos la nuil du 9 au 10, y fit adopter un appel à l'insurrection. Celle adresse disail :

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