Jean Jaurès - La Convention

HIS'l'OIRE SOCIALISTE H05 • dnns lïle de la liberté, el nous nt•ons brûlé le vaisseau qui nous y a con- • duits. > "Pour vaincre les légions innombrables de nos ennemis, le premier point r<l d'être unis entre 1w11s. L'union etH infailliblement succédé dans le Sénat mtional aux discu~sions qui l'agitent encore, s'il eOl été purgé de, complices du lyran, des intrig-anls m~mes qui ont cherché l~nt de fois à rafTermir son trône aux dépens de la liberté publique. Mais il avait Ué fanatisé, et persuadé que dénoncer ceui qui ont coopéré à ses attentats ne l'eOl pas sauvé lui-même, il a g<1rdéle silence, et il a voulu paraitre comme un martyr. » Ainsi, lfarat, si resserré d'ha!Jilude en farouche défiance, s·ouvre à re,pérance. li n'est plus comme isolé dans une cave obscure; il est en communic.1tion avec le vaste peuple de la Révolution, sage el fort. L'horizon est plus ardent qu'au jour si lointain déjà de la Fédération; mais il est au,si ample, et même, malgré les orages qui l'ont bouleversé, il parait pre,que aussi serein : c'est l'expression même de llarat. Son ,œu est pour l'union. San~ doute il reste encore tout frémissanl de sa lutte conlre la Gironde : il ne pardonne point aux hommes d'f:tal d'arnir essayé de sauver le roi, el il regrette que Louis XYI, donl il suppose qu'ils onl été les complices aclif,, ne les ail pas dénoncés avanl de mourir. C'eilt été fini : les intrigants auraiPnt disparu ayec le tyran et la Convention enfin unie eill fait face aux ennemi.; du dehor•. Mème avec les Girondins, Maral, à celle heure auguste et apai~ée, semhle e•pérer un rapprochemenl: el dans ce même numéro du 2;', janl'i1:r, il conclut ain~i: • Les coups sous lesquels tomba Pellelier onl déchiré le voile, el ces poifn,rds que feignaient de redouter les faclieux n'ont plus paru dirigé, que coutre le sein des amis de la patrie. Dans son sang onl été lavées les nombreuses calomnies si longtemps répandues conlre les défenseurs de la liberté. Atterrés par sa chute, nos I.lches dclracteurs sonl réduits au silence. Puissent leurs di/lamatio11S, leurs cabales, leurs menées, n'êll·e que l'effet de lapréve11lio11, que le fr11it d'un égarement pas,ager, et 11011 d'un systii,ie réfléchi ou de combi11aisonsatroces/ Puisse111sur son cercueil être déposées toutes llS diJ;sensionsqui 0111 divisé ses collègues I Puisse sa mort faire ,·rnaUre dal!S leurs cœurs l'amo11r du bien public, et cimenter la liberté/ Ah! s'il est i·rai que r homme 11emeurt pas tout entier, et que la plus noblepartie de lui-même, st11-riL·a11tau delà du to111beau,s'intéresse aux choses de la vie, ombre c!tète et sacrée, virns quelquefois planer au-dess11sdu Shiat de la 11ationq11e tu omaii de les vert11s,vie11Scontemple,· tu11 ouuragr, viens t•oir tes frères uni., co11coura,1t à l'envi au bonheur de la patrie, au bo11lte11rde l'lt11111m1ité. » ' Certes, .Marat n•~sl pas à bout de ses forces de colèt·e et de haine. El à mesure que l'intrigue girondine, un moment accablée, s'a,;ite de nouieau, il s'exaspère. • Les députés amis de la paix, ~crit-il le 28 jarnier, s'étaient flatté, aue

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