Jean Jaurès - La Convention

1008 HISTOIRE SOCIALISTE par la force plus grande encore de son tempérament cl de rnn génie, de mattrbt>r cc, con,dences incertaines, de les jeter à la Révolution : la fournaise en no111rirait ,a flamme el rl'jellerait le, scories. ci'oble orgueil audacieux, que je prtil'i·re à l'orgul'illeuse prudence de ltobespicrrc I Danton savait que pour tirer de Dumouriel cl de son armée tout l'effet ulile, il fallait qu'une parole de confiance ardente cl plci ne allât au géMral assailli peut-être de trntalions ob,curcs, aux soldat:- donl la foi ne clcvail pas chanceler. El à ,c., ,-i~ques et périls, Danton se portait caution. li a lia mêmejusqu'à couvrir, en quelque mesure, les!'(énéraux ,urpris sur la Ruhr, comme s'il eùl voulu limiter le plu:; possible le soupçon de trahison. • J'ai donné, dit-il, ma déclaration sur Stcngcl. Je suis bien éloigné de le croire répuulicain. Je ne crois pas quïl doive commander nos armée,. liais je p,•nse qu·avanl de le ùécretcr d'accusation, il faut qu'il ,ous soit fail un rapport ou que vous l'cntcnrticz lui-mè111e à la IJarre. Il faut de la raison el de l'mfle\ibililé; il faut que l'impunité, po,tée tr.ip loin jusqu'à présent, ce,se. )lai; il ne faul pas porler le ùécrel d'accusation au hasard, ,, EL la Conven lion se rallia à son avi,. 011 p,mrnil croire que ~Iaral, qui si sou vrnl avail <!énoncé Dumouriez, allait profiter de l'èvénemenl pour l'.tccauler. 1lais Marat, au ronlraire, s'unil à Rouespierre et à Danton pour prevenir la panique, cl il déclara que dans la cri-e sou,laine qui ven.:it cl'éclaler, Dumouriez devail garder Je commandement, qu'on ne pou rail le lui enlever sans désorganiser l'armée, que ce sr•rail folie el lrahi,on. Ce n·esl pas quïl eùl interrompu ~e, attaques. li les avait au conlraire conlinuo'es en janvier el février. Il puhlir, iL la date du 2; janl'icr, une lcllre injuricu,e il Dumouriez, envoyée de Liège: « lis sont passé, ce:; jours oü gonflé des succès des armi•es sou, tes ordres, couronné sur tous les Lhèàlres, rl célébré 1,ar mille vnix mcrrrnaires, tu pou mi, -rlicter ,les lois i1 la Convention nationale, mais aujourd'hui que J'ennc11·i, phcé en deçà du Rhin, cache au, yeu, de,; Français la toile uù ,ont crayonnées tes victoire;, crois-tu pouvoir lui dire avec quelque assurante: • Quand mèmc ma -ant,i ne m'aurait pas forcé de demander un congé, je me « serais toujours rendu à Pari,, pour y démêler la cause de la ùésorganba- " lion ùc nos armées. » « ~l iL qui donc faut-il la rapportrr celle d,•sorganisalion? A toi seul. « Oui, un instant d'ambiliou L'a fail envahir le pays de Liège, el deux mois ùe vues particulières l'y ont arr0Li·. c·c,t du séjour c1ue tu y as fail que vienl celle ù,"·sorgani;ation; fier des succès qui ont couronné sa bravoure, le soldat voulait, pour ain,i dire maigri\ Loi, placer le Rhin pour barrière entre la France et ses en1H·mis, el tu L'yes oppo,,•. Attaché à un parti qui voulait par des e:;carmouche, journalillres ùétourner les vrais défenseur:; de la patrie du centre commun des intérêts lie la !\(•publique, le lien étail de les tenir toujour:; en baleine pour leur faire oublier que Louis Je traUre avait existé.

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