Jean Jaurès - La Convention

1090 lllSTOIRE SOCIALISTE sible à l'nmP111i dP ., 'enfoncer dans la JJ,lgique. Nous pouvons attester enfin qu<' l',•nnemi n·est NS aussi nombreux qu'on dit, qu'il est inférieur à notre armée. que Dumouriez n'est point campé et continue son expédition pour la 1/ollande. • Or, J endant que Brissot s'obstinait ainsi, le désastre de Liège, d'où les aclminislraleurs patriotes avaient été obligés de fuir, était connu à Paris, rommenlé aux Jacobins, el c'est dans la journée du 8 que le Conseil exécutif provirnire. d'accord lrè, probablement avec le Comité de défense générale, informé dans le délai! par Delacroix et Danton, décioait de rappeler Dumouriez de Hollande. Décidément la Gironde perdait pied. ~!ème le grand Condorcet semblait à ce moment s'enfoncer dans sa haine coutre Robespierre. Dans le débat qui avait eu lieu à la Convention, le 5 mars, sur les émigrés, Robespierre avait demaPdé qu'on examinât de près et qu'on remoyàt au Comité des propositions de clémence qui lui paraissaierit danc;ereuses. JI s·agisrnit des enfants des émigrés; à quel ilge commencerait leur responsabilité? Quelques-uns inclinaient à les regarder comme irresponsables jusqu·à dix-huit ans. « Oui, s'écriait Robespierre, c·e,t une pensée d·apparente humanité, mais lorsque les fils, les filles des émigrés, âgés de seize ou de dix-sept ans, viendront, à rauri de vos lois, fomenter la guerre civile, quand ils repré~enleront dans les régions fanatisées la famille absente, quel cou1i terrible à la llérnlulion ! Song,,z, s'écriait-il, que nous sommes en plein combat. » Et les éYénements de la Vendée, où les jeunes fils des émigré,, où les jeunes filles n,ême vont jouer un rôle décisif, donneront demain raison aux craintes de Robespierre. Or, c'est par l'outrage, c'est par des paroles méprisantes que Brbsot, dans son journal, mais aussi Condorcet lui répondent. On dirait que Condorcet, dei:,uis quïl a proposé un plan de Conslilution, dep1,is qu'il a enlrern la gloire d'être le législateur rholutionnairo de la démocratie, est tout entier obsédé par relle pensée; il est à demi indilféreul aux événements qui ne ,e rapporlenl point à cél objet, el s'il soupçonne en un homme li volonté <l'ajourner ce débat, qui seul lui parall e"scntiel, il le poursuit de sa haine. JI semble un moment, le 6 mars, qu'il invite les pa,tis à se rallier, à s·uuir sous le coup des dangers inaltrn,lus qui menacent la Ré1olution: • Repou,-er les t)Tans ligués contre nous, donner au peuple français une Constitution <1uïl a sans doute bien droit d'attendre après quatre années de rérnlulion, voilà l1·s seuls intérêts de la nation, et les seuls devoirs de ses représeutanls soit ile tout sacrifier à ces grands intérêts. • Quoi! l'Euroi:,e presque entière e,t conjurée contre nous, et nous songerions à ,ws ennemis personnels! L',·di/ice 11ational ébranlé demande de tous d,tés 1111e ,,zain rlparatrice, et de petites querelles de partis ou d'opillio,is 110m ayiteraienl encore I •

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