Jean Jaurès - La Convention

II l~TOlllE SOCI.\LIS'rt<: 1070 turier à la tète fertile, qui croiait que tout lui était possible, el qu'il réu'-si• ntil toujours ou 11 ,étlnirP les hommes ou à les effrayer, ou à ensorceler les évi'ncments ou à le, 1•nchaîncr. )lais il ne pouvait révéler tout ce projet, 1,nb11ue, <laus nue d\• ses alternalin-:;, il supvo~ail l'(,rrasenwnl de, lmp,1riau, •JL1'après sa trahison il ménageait. li est impos:;iblt• d'admettre qu'après avoir donné à la France le bienrail immense rh, la paix a,,urée avec L1 Ilollande et surtout avec l'Anglelcrrc, il allait se n•tircr, aba111l01111seorn armée, qui él il s,rn asile el sa force, el se cornerlir en µn misérable éruic:ro impuissant. Ou bien celte feinte retraite à la Haye, tout près de son armée et de la France, n'aurait eu d'autre objet que de provoquer un mouvement d'opinion en sa faveur. li eût apparu, du moins il l'espérait, comme l'homme nécessaire. et il aurait marqué, dans son manifeste, quelles con,titions il mettait à son concours. Comment aurait-il pu se dérober soudain, puisque la paix a1cc l'Angleterre aurait été conclue par lui a\·ec ùes clauses définils par lui, et que lui ,eu! aurait pu faire re-pecler? La paix négociée el si~:iéc par lui ne vallil que si lui-rnème restait une force, ou mieux, s'il devenait la force duminantc en Fratwe. El il se propos:iil sans doute ùe dire à la France : • Ou bien , ous ~,·rez a\ cc moi, et Yous aurez la pah, ou bien vous serez contre moi, et vou, aurez la gul'rre et la flélaite. • La tlédar.1tion de guerre lie l I France il l'Angleterre coupa court à ces c)rnhinai,011, dès le début d,• fé1rier, el c'e,t vers une aulre solution, que d'aill,•urs il n'a,aitjamais entit'r,·menl perdue de vue, que se tourna Durnourirz. Il se prùJ0sa de conqnerir, le plu, rapidement po.,sible, et presiJlre au pas de cour,e, la Hollande. Arrêta-l-il dès lors, dans son espl'it, la conduite qu'il tienrlr.lit après aYOiren elîel conquis la Hollande? Il l'a préten,lu dan, se., Jlémoires. • En cas de rénssile, Dumouriez avait le projet, dès qu'il sc•rail mallre dP.la Hollande, de renvoy1•r dan., li',;Pay.,-Bas tous les bataillons de volontaires 11ationau:x,et de s·e,wironne,· de troupes tfp lig,ir, et de s,•sgénéraux les plu, arfillés; de faire donner par le, États Généraux (lie Hollande) des ordres pom· raire rendre toutes les places, de ne laisser faire dans le gouvernement que le, chanf:ements les plus indispensables; de dissoudre le comité ré\Ululionnaire hollaudais, à qui il annonça d'avance qu'en cas de réus~ite chacun d'eux, en supposant qu'il eût la confiance de ses concitoyens, enlrererait ùans le, places d'administration de la province dont il était; de préserver la république batave des commissaires de la Co,wention et du jacobinisme; d'armer sur-le-champ à Rotterdam, en Zélande et dans le Texel, une flotte pour s'assurer des possessions {hollandaises) de l'Inde, el en renforcer les garni.ans; de placer dans le pays de Zutphen et dans la Gueldre hollandaise une armée d'observation de trente mille hommes; de donner de l'argent et des armes, pour mettre sur pied trente mille hommes du pays d'An• Ter&, des deux Flandres et de la Campine, sur lesquels il pou\ait compter:

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