1078 HISTOIRE SOCIALISTE m,'mc. Sa grande force, c'(·tait précisémrnt ce merveilleux ressort de confiance, et il amit encore un pre,ligc immense. Le capital de g-loireamassé à Yalmy cl il Jemmapes était entamé, il n'était pas détruit. Et il voulait, en ,;hlouissanl encore la Révololion, se donner le temps de la mater et de la domestiquer à son propre service. Est-il vrai, comme il le dit, qu'il ait sérieusement espéré, dans les tout p rcmiers jours de février, assurer, par iles né!!'OCiationsclirectcs, la paix entre la France d'une pari, l'Angleterre et la Hollande ùe rautre? Il a mil la manie diplomatique, el c'élait bien sa lactique d'a(lir pour son compte, de substituer son initiative personnelle à celle dr la Révolulion, pour attirer à lui, cl à lui seul, le bénéfice des él'é nemenls. )laulde, notre envoyé à la Haye, en témoigna aux Jacobins. Il est donc infiniment probable qu'il y eut des pourparlers, d·autanl plus que l'Angleterre el la Hollande, par ces n~gociations occultes al'ec le général qui pouvait menacer en quelques jours <lemarche Rotterdam et Amsterdam, se flattaient tout au moins de ;:agner du temp•. Si donc Dumouriez a pris ces conférences secrètes très au sérieux, il a commencé à jouer le rôle de dupe, qui se confond si souYent avec celui de tratlre. liais où Dumouriez alt,'re la vérité, c'est lorsqu'il ajoute qu'après le succùs de ces négociations il aurait pris sa retraite. « li ne voulait ras trahir les intérêts de sa malheureuse patrie, il voulait au contraire la senir en diminuant le nombre de ses ennemis; ainsi il voulait réu•sir à as•urPr la neutralili' entre la France, la Hollande et l'Anf(leterre. )lais en même lrmps, il voulait, après avoir rendu ce dernier service à la France, se déliner de l'apparence de partager le crime de ses compalrioles Pl resserde rom battre pour des tyrans absurdes, qu'il aurait voulu voir punir, ùien loin d'appuyer leur absurde tyrannie. Il complait donc ne pas revenir à la Haye, el ,le là hncer un manil'este pour expliquer son émizralion. • Évidemment, Dumouriez, au moment où il écrit ses JUmoires. a la préoccupation dominante de ne pas ble"er les puissances étranzl)res et le, émi!?ré,, et il af(t:raYe ses calculs ,Jans le sens de la trahison. Il oe veut pas a,•oucr que s'il aYait réussi à assurer la paix avec la Ilollan!le et l'Ang-lrterre, il aurait essayé de faire la loi tout ensemble et au~ Impériaux et à la Révolution. Il aurait ot!ert la pal\ aul fmpériau\'. aus,i, en leur promettant de ramener la France à une Constitution modérée et de lui faire abandonner tout esprit de conquête el de propaganrle. Grand alors par le rétablis,ement général de la paix, comme il était grand déjà par ses I icloires de Champagne el de Belgique, Dumouriez aurait sommé la Révolution de rélrogra,Jer, et si elle n'avait pas cédé, il aurait marché contre Paris. Si, au contraire, les lmpériau1 avaient refusé srs avances, il ,eur aurait livré bataille, il les aurait vaincus, leur aurnit dicté la paix, et, avec le double preslii,;e de la paix et de la victoire, se serait encore imposé à la Rholution. c·esl là ai;surémenl un des J>rojelsque roula alors dans son esprit l'aven-
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