Jean Jaurès - La Convention

1070 HISTOIRE SOCIALISTE Aucun Girondin ne monta à la tribune. La participalion évidente des royaliste; au, troubles de Lyon les gênait. Mais ici encore, la Gironde, tiraillée ru des ,ens opposés, n'est plus qu'une force neutre et inerte. Grand péril pour la l\é\'olution si cet état d'espril prévalait! liais grand péril pom la Gironde elle-même! Les trois comn,i:;saires, tout en contenant un peu le parti Jacobin, en assurèrent la victoire. Ils firent arrêter le procureur de la Co11,mune Laussel, qui« s'était couvert du manteau du patriotisme, et alfeclail un faux zèle; des patriotes clairvoyants le sus1ieclaienl avec raison 1 l'on a reconnu q11ïl ne sévissait contre les riches exploiteurs, que pour les mettre il contribution. • liais, grâce il leur appui moral, les révolutionnaires furent de r.ouveau maîtres des sections où a1aienl dominé depuis des semai1ir5 Girondins, Feuillants el royalistes : el c'est un maire démocrate, Bertrand, ami per,onnel de Chalier, qui rut élu le 0 mar$. Les commissaires, dans leur rapport du 17 mars à la Convention, marquent bien Je ;en; social de la lutte engaf'ée à Lyon : ils nolcnl le groupement de toutes les forces conservatrices el bourgeoises. ,, 11 fallait imprimer au patrioli~me, dans celle importante et populeu,e cilé, cc caractère el ce dé1•ouemenl héroïques gui peuvent ~euls accélérer le terme de la Hévolution rt consolider it jamais la liberté. Nous a;ons tout tenté pour y parvenir, et nous sommes loin de nous flatter de quelque succès, Nous n'en accusons pas le génie du commerce qui n'est assurémen.l pas incompatible a,ec les vertus civiques et qui sent vil emenl Je bernin de la liberté. :-ïous n'en voyons d'autre cause que la mullitude de ces journaux incivique;, de ces écrit, calomnieux elmensongers dans lesquels on occnpe beaucoup plus les citoyens des !tommes que des cltoses, où l'on fail avec acbarnemenl Je procès au feu ~acré du patriotisme el où l'on se plait à semer des pavots sur un pPnple qui devrait être debout; où l'on aigrit le riclte contre le pauvre en alarmant les propritJtaires; où l'on 0alle le pédantisme de certaines gens en ta,anl d'ignorance le peuple dont le bon sens lue Lous les sophismes el détruit tous les rararloxcs; où l'on .<èmed'avance les germes d'une constitution aristorratique et o'uN GOl:VER,EME~T BOURGEOIS; OÙ l'on prend enfin à tâche de diviser tous les citoyens pour miaer insensiblement le principe de l'unité et de l'indivisibilité de la République. • Si je ne me trompe, c'est la première fois que le mot • i::ouvemement bourgeois » paralt dans le langage de la Révolution, el il est curieux qu'il ail été suµgéré par la lutte de classes qui, à Lyon, ùominait la lutte µolitique. Les revendications économiques très nelles des démocrates lyonnais ajoutaient à la force du mouvement social qui se dessinait à Paris. li n'y avait probablement aucun rapport direct entre Chalier et Jacques Roux. Sans doute Chalier ignorait jusqu'au nom du prêtre, qui n'avait pas grand éclat. u jeune Lyonnais Leclerc ne va à Paris qu'en mai, el là c•e~t aux Jacobins, où Jacques Roux n'était pa's aimé, qu'il s'adresse. Malgré tout, la conformilé

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