870 HISTOIRE SOClALlSTE Louis x,·1, d"ailleur•, tira parti de la maladrc,se de Roland : il dil qu'il n'avait pas été admis à a,sister à la saisie et au dépouillement des pièces et que peut-<'lrc des documents qui lui auraient fourni le moyen de répondre avaient disparu. Les Montagnards, qui haïssaient Roland et qui étaient sors d"accabler Louis XYI sous d'autres charges, faisaient assez bon accueil à ce système de défense : ils afîectaient clene pas attacher grande importance à ces paµiers dont Roland avait, suivant eux, affaibli la \'aleur probante. En g~nêral, d'ailleurs, ks révolutionnaires se faisaient une idée inexacte des rapports de Louis XVI ayec ses fr~res et avec les émigrés. Jls prôtaient au roi un plan de contre-r6volulion, un système de résistance et de trahison beaucoup trop suivi et lié. lis ne ,avaient pas, comme nous le savons aujourd'hui par la correspondance de la reine el de Fersen, à quel point l'émigration fut souvent importune à Louis XYI el à ;\larie-Anloinelte, et combien ils Ja redoutèrent. L·t complicité du roi avec les puisrnnces étrangères était démontrée ou plulôt rendue sensible à la Révolution par dïnnombrables indices; mais les preuves manquaient. Il n·y avait rien dans les papiers des Tuileries qui rot !"équivalent des charges terribles contenues dans la corre,pondance de l?ersen. Si celle corre~pondance avait été saisie, la Révolution aurait dO instituer d'emblée un procès de trahison contre la reine aussi bien que contre le roi; et c'est sans doute une sentence immédiate qui aurait été portée contre celui-ci. Ici encore, l'accusation, mal secondée par des documents incomplets, 1/Uonnait un pru. Les révolutionnaire, ne se représentaient pas très exactement les rapports du roi et des s.ou\"erains étrangers. Us ne soupçonnaient pas les résistances opposées par les empereurs d'Autriche aux demandes dïntervention du roi et de la reine. llS interprélaient mal le traité de Pilnilz, qui était, en réalité, une manœuvre savante pour éluder les instanues de la Cour de France. Marat allait jusqu"à supposer qu'on avait fait disparaitre des papiers des Tuileries un exemplaire du traité de Pilnitz portant la signature de Loui, X \"J. L"acte d'accusation ne frappait juste, t>n ce point, que lorsqu'il reJJrochail à Louis XYI de n'a10ir pas communiqué Je traité de Pilnilz aussitôt quïl !"avait connu. Mais ici encore, la preu,e faisait défaut. Louis XVI répondit qu'il l'avait communiqué tout de suite. C'était faux, puisqu'il résulle de la correspondance avec Fersen qu'il l'avait eu en mains dès septembre 1791. ~lab on ne pournit lui opposer aucune pièce décisive. Les papiers des 'fuileries furent donc pour les révolutionnaires une déception, et comme ils se heurtaieuL déjà à des difficullés juridiques, comme il paraissait à beaucoup de Français qu'il était difficile de demander compte à Louis XVl des actes antérieurs à l'acceptation de la Conslilution en septembre 171Het à l'amnistie générale qui l'accompagna, Il y eut dans l'accusation un peu de tlollemeot. c·esl à cette impre;sion que cédait 'Marat lorsqu'il demandait qu'abandonnant tout ce qui étail ou amnistié ou contestable, on concentrât l'aoousatioo
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