HISTOrnE SOCIALISTE 1007 corriger, par la vigueur de son action, celle sorte de pesanteur de l'opinionLes citoyens senL·JÎenl que les pouvoirs locaux étaient divisés, et ils se ré-ervaienl. Lrs ,isiles domiciliaires irritèrent plus qu'elles n'cffray/>renl, el le maire rolandiste, Nivière-Chol, crut que l'occasion élail favorable pour frapper son aù,ersaire Chalier. Il allégua qu'au Club central avait été ourdi un complot monstrueux. Lyon devait être septembrisé. La guillotine denil Nre in,tall,·e sur le pont Morand: • Il n'y a qu'une ficelle à tirer, aurait dit Lau,sel, la f;Uillotine va toute ,cule. • Le Président du tribunal de sang tlevait briser une ùaguette et dire au prévenu : « Il est aussi impos~ible que ,·ous restiez sur la terre, comme il l'est que ces deux bouts se rejoignent. » Et quand il aurait dit: • Faites passer le pont à ~lonsieur, • la victime devait ôlre livrée au bourreau el, en tronçons rnnglanls, jetée au Rhône. i:'ii1ière-Chol, averti par un inconnu, fit semblant de croire à celte conspiration. Peut-être quelque énergumène avait-il tenu au Club central des propos sanglants. ~lais tout démontre que le complot esl une fable. Celte férocilé répugne au caractère de Chalier. Nivière-Chol prétendit que les conjurés étaient allés s'emparer de la guillotine, en vériüer le fonctionnement. Or l'enquète démontra que les différent•s pièces de la guillotine n'étaient même pas rassemblées. Nivière-Chol mit sur pied la force armée comme s'il y avait un péril immédiat; il fit garder par plu:;ieurs bataillons la maison co, - mune. C'était le système de Roland: afToler l'opinion, semer la panique, au risque de livrer la Révolution elle-même à la coalition de tontes les peur,. La municipalité lyonnaise ne se laissa point troubler par celte manœun<'. Elle somma Nivière-Chol de prorluire des preuves : il ne pul apporter c1ne l'écho d'une vague dénonciation a11011yme.Elle le blâma d'arnir mis en mouvement la force publique, sans arnir consulté le Conseil général de la Commune, el :-ii,ière-Cbol, tout déconcerté par rette résistance imprérne, se démit le 7 lévrier de ses fonctions de maire. ~fais le coup était porté : le, contre-rérnlntionnaires étaient avertis qu'en affolant les esprib il, pourraient à Lyon ébranler la Révolution. Et de plu$, le nom de Nivière-Chol dcwn .. il 1,our eux nn centre commode de ralliement. li élait Girondin, el en le ,onlenanl il, ne découvraient pas d'emblée leur pensée royaliste. Mais ils allaient l'envelopper, le compromellrc, le faire leur. On pouvait croire que sa ,]émission, qui ,emùlail un acte de faiblesse, I'<nail diminué. ~lais tonte:; le, furee, consenalrices cl rétrogrades firent bloc. Et le 18 lëuier, ce fut une ,tn 1 ~ur dans L~on quand on apprit que sur fOï.~û :;uffrages exprim(·s, 8 on· r menaient il la mairie Nivière-Chol. Le nombre des votants avait été dcu, foi:; plus éle,·é que d'ordinaire: les royaliste, avaient donné en masse pour la Gironde. La contre-révolution se crul maîl1·es:-e de Lyon. De, handes YiOIPntes t,e r,•acteurs, criant: yive Nivière ! A IJas Chalier! parfois mème: ,ile Louis XYII ! se porlèrenl au Club central, le sacca1:,èrent, trainèrent dans le,
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==