Jean Jaurès - La Convention

1024 lllS'l'OlllE SOCIALISTE de lui qu'il avait • toutes les vanités, même celle de la modération », n'a pas assez vu cc qu'il y avait de lié el de conséquent d-ns sa conduite. Au demeurant, Marat se trompait plus qu'à moitié sur le sens de ce mou,·ement révolutionnaire à tendance sociale, qui sem hlail vouloiril6border trns l,•s partis constitués de la Révolution. Il se peul en efîct que lrs royalistes, les contre-rérnlutionnaires aient songé à l'exploiter. Après la mort <lu roi, il leur semhle sans cloute que toutes les armes étaient bonnes contre la Révolution: qui sait s'ils ne réussiraient point à la perdre en « l'exau;rranl », en inquiétant le comrnrrcc el la propriété? Qni sait si le peuple dont ces COnYulsionsaµ-graveraienl la famine, ne regretterait pas le temps des rois? li Y a dans le texte de la pétition lue par les délégués une phrase amhigue et imprudente où l'esprit rnnpçonneux pourrait retrouver je ne rnis qnel accl'nl de, conspirateurs royalistes mêlés, dans les quartiers 1.opuhires, aux groupe. ries mécontents. " On nous a dit qu'une bonne loi sur les sui ,,istances est impossible. C'est donc à dire qu'il est impossible de ,·égir tes Etats qurmd tes tyrans sont abattus. • Elle peut avoir un sens très révolutionnaire et très républicain. Elle peut silmifler et elle signifie ,,an, doute que si la Convention renonçait à réglementer ce commerce des grains que réglementaient le, rois, elle fournirait un argument contre la liberté el pour les tyrans. Elle peut èlre aussi le rcnet un peu trouble de la propagande royalble. Mais, dans l'ensemble, el quelle que fùt l'intrigue des tenants r!e l'ancien régime, c'était hien un mou1cmenl populaire el révolnlionnaire. 11tenait à deux causes. D'abord il y avait en effet dans le peuple, sinon soufîrance, au moins malaise el inquiétude: il se croyait toujours menacé d'un renchérissement des denrées plus grave que celui dont il I àlissait déjà. Je sais bien que Paris ,,emblail préservé de la cherté du pain li était taxé, et il ne de1ait pas se ,·endre plus de trois sous la livre. La Convention a l'ait déjà, le 7 février, autori,6 la Commune à lever un impôt de quatre millions pour J'aireface aux pertes résultant de ce bas prix. Et m~me lfa5uyer déclara que c'étaient les riches qui, pour se soustraire à l'impôt progre5si!' établi à cet effet, a,•aient machiné ce mouvement. Dans une taxation générale du blé, applicable à toute la France, les mesures particulières à Paris disparaitraient en effet. Et c'est sans doute ce que voulait dire Barère quand il reprocha aux délégués d'être venus « présenter la pétition des riches avec la livrée des pauvres •· Mais, en fait, il y avait pour le peuple une incertitude énervante. L, question des subsistance• était 8ans cesse à l'ordre du jour et l'on craignait que, même avec l'impôt, on ne pùt maintenir le pain à trois sou,, Dans la séance de la Commune du 4 février « le Conseil nomme quatre commissaires pour s'adjoindre aux administrateurs des subsistances, à l'clfel d'acc~l6rer le rapport sur l'approvisionnement de Paris. Il a ordonné l'exéculion d'un précédent arrêté, portant que les boulanger, seront tenus de mettre

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