Jean Jaurès - La Convention

1022 IIISTOlllf: SOCIALISTE pathie. De mèm,· que bientôt le, Jacobins entreront en lutte a\'ec un autre groupemrnt qui, sans occuper le m~me local qu'enx, rn réunit dans le m,'me imnwubl,•, la • Société fraternelle de run el de !"autre se,e "· ils ne tarderont pas aus,i à prendre en défiance les • Défenseurs de la llép11hliqt11• », 11 lenr fut >ans doulr tr~s désaf(rèahlc 11uc•,lor,que les pélitionnaire, <1ni venaient de soulc1crcontre eu, la Colllenlion Curent invités à rcmellre!Pnrs pou1oir,, ils ait•nt remis la pièce suivante : E,trait du proc,'·s-verhal ,1,, la Socit'l6 fraternelle réunie à celle des Déf"1•11seursde la ll6publi11ue une eL indili,iblc, séant au, Jacobins de Paris, hic Saint-Honoré, le î fhricr •· C'était un 1obinage Càcheu, el une conrusinn compron,ellanle. Les JacohitH ne tardèrent pas à voir que les nouveaux groupements révoluliomnire, 11e serai,•11t ras en leurs mains un in,trumcnl commo,le. Ceux-ci en elfel ne se bor1wicnt pas à attaquer la Giro:idc vlus ,iolemment qu'à celle date les Jacohins ,•111-mèmes ile l'aurnicnl voulu, ils allaquaienl la )lonlaf(ne elle-m1'me : il, lui rqiroclrnirnl sa tiédeur. ,a molle-se, el au--i ils l'accusaient de néf:ligcr les qu,•,tions éconorniqu,••, de ne pas résoudre le plus urgent des prohlèmcs sociaux, le problème des snhsistancrs. Saint-Just qui avait comballu en somme, dans le grand cli:;cours que fai analy,é, tout" ri·glementalion cl toute taxation, élail J"objet de vi•ht mm tes allaquc,. Le 1:! Cèvrier, les délégué, des 48 sections distribuaient clans Paris et à la porte ml'me de la Convention un placard où il ét:1il ,lit: • Q1t1111rf le pr11ple sail que da11sles assrmblies populairr, les uratr11r,q11ihart111r;11e11t l'I dt bitent lt. plu, beaux disco11rsel les meillr11res leçom. soupent bit•,1tous lrs fours ... • cl 1111peu plus b,is: « de ce 1w,11hre e,t Ir-ci/r,ye,1 S11ù1t-J11,t;lrre~ haut le '""''ftte orliett.r dont il se ro111·re. • Saint-Ju,t plia son orf(ueil à p"ri•·111cnter ,l\l't: eu,: mai, la 1Jl1'-surc ù11t ,··te cruelJ,,: cl lt·, rohe,picnistes scntirrul quïl y a1uit là une force 111•111·ecl peu rn ,uial,le. Le, attaques contre Sait t-Jt»l vi,aicut indircct,•meat l\olll'Spierr,•. dont il se proclamait le disciple. Le, rnilà J.ien, ces puritains qui parlent si bien de v.-rlu el qui nourris,cnl le peuple de vérilfs au,lèrcs ! Pendant qu'ils reru,cnt de lui assurer du pain, eux il; lonl des souptrs fins. EL tout 1·ntiers à leurs combinairnns polililJUC,, à leurs lutte, dïuOuence et à leurs rivalités per,01,nclles ils ont peur d'abonlcr la quc,lion de~ subsist,111ces 1 Les Jdcollin, en clfcl hésitaient à s'y c1gager. M. Gon1cl, dan, les études amsi réactionnaire, qu'inexactes quïl a con,acrées à l'llistoire fi11a11ciilre de la Llr1i-~lalive et de la Com:entiun, écrit à propos ùe ce mouvemeul de Céuier lî03: • Les Jacobins n'étaient pas partisans de la liberté du commerce des céréales. L'i11lervention fie l'État en Ct'lle matière, des taxations établies d"orlict' el de, mesures de ri1:,ueur cuntre h•s m~rchands aussi bien que contre les c~llivateurs qui ne se ,oumcllraient pas à la loi, répont.laient bien mieu, it leurs instincts autoritaires. • c·1·st, à ce moment, une erreur flagrante. Les Jacobins seront peu à peu ,

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