Jean Jaurès - La Convention

i0l8 JIJSTOIHE SOCL\LlSTE commettant,; non, vous les apportons, pour que ,ous leur imprimiez, en les adoptant, un grand caract1'rP. :-;ous \'enons, :--an:,c; rainte <lë vous déplaire, jrll'I' la /11111,t'r,• ur ,os erreur-, Cl Y0Lb montrer la n'rilé. Un oral,.ur vous a tlil à ce11,• tribune : « Si rnu,; décrele1. de,; enlraws à la circulation des « :,;uh~bLl!H'C~, ou.;: décrélPz la famine. ,, ~lais mcllre un frein au, ahu!=i, et-l-rc enlran•r le~ sub~i..tanc~s? • Vou, ,ous êle" plainl des mouvements du pruple sur l'augmcntalion du prix ..,., rnl,,i~t:rnces, J'lusieurs les onl allribués à l'agiotage intâme des rnonopuleur:;; ceu1-lù avaient raison: cependant ils n'onl pas élé écout<'S; d'autre, onl indiqué comme remède, à ces "b11s la Surl'eillance dPs muniri• palilt'"· Eh.' comment voule;;-voltSqur des municipalités marchandes se survcil'rul, ,,e d1110nce11telles-mêmes? :-ious regrettons qu'un de \'os membres, ran;,:-é du cûle des prélentlus philosophes, ,r suil écrié qu'il élail affligeant pour la lib rlé ùe rnir arracher le grain aux cultivateur,, il a crié à la 1iolatic11 ,,e la prO('riélé, mais on n'arrache pas ce ,;ue l'on paie à un prix raisonnalJle. lis ne rnicnl donc pas, ces prétendus philo,ophes, ces amis de lalib,·rlé ab,olue du commerce des grnins, qu'en enchérissant le p1in du pauvre, ils n'en, iebis,e,,l que d'avides spéculateurs? !cmorent-ils que ùans le commerce des p:rains il existe <les abus qu'il faul réprimer, si l'on 1,evenl pas que le peuple meure de faim? Quelques-uns se sont borm's à propo,er de faire des proclamations propres à éclairer le peuple, mais est-cc a,cc de:; proclamations qu·on peul apaiser ceux qui onl faim? " Ciloyens lé1,i,laleurs, levez bien plutôt le mile, contemplez 11 misère all'reu.;e d'une i11finilé de familles qui pleurent dans la solitude, el qui vous demandenl d'e,suyer leurs larmes. Vous a,ez décrété la libre circulation des gr.lins; mais la cessation des abus a échappé à votre sollicitude, On ,ous a dit qu·une bonne loi sur les rnbsislances esl irnpo,sible. C'est donc à dire qu'il est impossible de régir ifs État, quand les tyrans sont abattus. Citoyens, vous êtes ici conslitué; pour notre s,lul ou pour notre perle; YOUSvoudrez, sans doute, notre saluL Eh bien! vous n't1urrz rie,1 fail pour nolrc salut tant que vous ne frapperez pa, les économistes qui abusent des avanla~ès lie la loi pour ,·enrichir aux dépens du pauvre. Ah! qui lioule de l'existence de la morl quand toutes les sources de la \ie sont épuisées ·1 On vous a thl qu'une bonne loi sur les rnbsblances est impossible, c·esl à dire qu'il faut dése,pérer de volre ,up, ême sag,•sse. « l'lous, rléputés des 48 seclions de Paris, nous qui vous parlons au nom du salut d<• 84 départements, nous ,ommes loin de perdre confiance dans vos lumière8, Non, une bonne loi n'est pas impos,ible; nous venons vous la proposer, el sans doute vous vou:- empresserez de la consacrer! En,·ore une rois, vos principes sur les sub,blances ont-ils alleinl ,olre bul? Sommes-nous mien, après ,utrc loi qu'aupararnnl, quand le peuple crie famine au milieu de l'a1Jo1Hlauce et qu'on ne lui présente aucune consolaiion'? J:o:coulez-nou~,

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