Jean Jaurès - La Convention

HISTOlltE SOCIALISTB O'J3 dronl; ils recevront le11rsplain les; ils les éclairrronl; ils s'informe,·onl de leurs besoins. ils leur dironl avec quelle sollicitude la Convention s'occ11pe de tout ce qui concerne l' al'mée ... « Il~ mtreliendronl les soldais des lrava11x de la Convention nationale, des sources qu'elle ouvrr à l'indu~trie, à la prospirilé p11bltque. lis les rnlretiendront dans les p,·incipes de l'éqalilé, du républica11im1eet de la discipline mililaire ... • Ils donneront tous leurs soins aux hôpitaux, ils les visiteront; ils iront consoler les honorables victimes de la liberté; ils ne quitteront pas ces asiles sans avoir connu le régime, sans s'être assurés si le senice se fait avec ce dévouement que l'humanité exige ... Il est inutile d'observer que les lits, les matelas ne doivent plus manquer dans les hôpitaux, tant qu'il y en aura dans les maisons des citoyens. • C'est par cet esprit d'humanité et de vaillance, de discipline et de liberté, communiqué Eans cesse aux armées, que la Révolution réalisera, dans lei institutions et dans les mœurs, les principes de la loi du 24 février. N'a-t-on pas, pour le dire en passant, reconnu dans la belle instruction dont j'ai cité quelques fragments, la manière noble el douce, grande et persuasive de Ba· rère? C'est le vivant commentaire moral de la loi d'organisation proposée en février par Dubois-Crancé. Dès le mois d'aoôt 1703, celle loi sera entrée partout en application. Mais, en février, Il ne surtlsail pas de régler l'organisation future de l'armée; Il fallait créer ou plutôt compléter cette armée. Une autre loi du même jour, 24, prescrivit la levée de 300,000 hommes. Ce n'était plus, comme sous la Législative et la Constituante, un simple appel à la volonté libre; les volontaires, quel que rot l'élan du pays, n'auraient pas suffi à constituer les armées puissantes dont la patrie révolullonnaire avail besoin. Ce n'était pas non plus encore la conscription, l'universelle obligation du service militaire. DuboisCrancé, Aubry, devançant un peu les nécessités prochain es, n'avaient pas craint d'émettre celle idée, elfrayante d'abord pour la Révolution, que le service militaire était la première obligaliùn légale de tous les citoyens. La Convention s'arrêta à un système intermédiaire qui, à vrai dire, contenait en germe la conscription universelle. Le conli11gent de300,000 hommes devait être réparti entre tous les départements au prorata de la population. J..esdirectoires de département devaient répartir ensuite le contingcn t départemental entre les districts, el ceux-ci entre les communes. C'est donc finalement en chaque commune que devait se faire le recrutement. Il était tenu compte à chacune des volontaires déjà fournis par elle. Au,sitôt que les officiers municipaux avaient reçu noliHcation de l'état des hommes que leur commune devait fournir, ils devaient en donner connaissance aux citoyens qui étalent convoqués à cet elfe!. Pendant les trois premiers jours qui suivaient celle première noliflcatlon, il était ouvert un registre sur lequel se faisaient

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