990 HISTOlRE SOCIALISTE cette organiqtion provi,oirc, que les circonstances commandaient impé• rieuscment, a pris trop de consistance. Les uns ont pris l'habitude de commander, les autres ont déjà placé exclusivement leur confiance dans ceux qnïl, se sont choisis. Il en résulte qu'aujourd'hui que nous voulons, conformément à !"un de I o, arrêtés approuvés par la Convention nationale, doubler les com[)agnies qui viennent de l'armée du Nord (c'est-à-dire doubler le nombre des soldats dans les compagnies qui avaient des cadres surabondants), nous éprouvons lt•s plus grandes difficultés. Les officiers, jalou""<de conserver une autorité qui leur échar>r,erait si leur troupe était encadrée, ont travaillé !"esprit de leurs ~oldats. Us ne leur ont pas dit que le seul désir de conserver leurs épaulettes el leurs appointements les animait. Mais ils leur ont fait entendre que. confondus ayec les soldats de ligne, ils seraient vexés par eux et quïls éprouveraient toutes sortes de mamais traitements. Les bons habitants des campilgncs, dont l'intelligence malheureusement n"égale pas le patriotisme, lrs ont cru~, el leur entêtement à ne pas vouloir être encadrés nous met dans la cruelle alternative d'user de sévérité ou de laisser la loi sans exécution. Ce matin, un ou cieux bataillons étaient a~s.imlJlés sur la place. On a donné des or lrrs pour qu·unc parlie se réunit à tel corps et le reste à tel autre. ç·a été en ,ain. On a éprou,·é la résistance la plus formelle, et l'ildjudanl général Dufour a été forcé de faire mellre en prison tous les officiers. Cellr mesure qu'on croyait devoir produire quelque effet a été inutile. Enfin, il nous a fallu commander le régiment de hus;ards et la geodarmrri,•, et que nons nous rendissions sur la place ... • El voici mainten ml, à côté de cette insubordination spéciale des volontaire,, l'insubordination gi·nérale des • trois classes•, c'est-à-dit·e des aneiens corps, des hommes de recrutement el des gar es nationales requises. « On se plaint généralement, dans toute l'armée, de la plus grande insu1,orrlination, que tien ne peul justifier et qui, jusqu'à présent, il faut le dire, a causé nos défaites. Les commandants des corps n'obéissent qu·en apparence aux génénu,, et les officiers ne trouvent pas de soldats soumis. Qu'arrive-t-il? D'abord, c'e,-t que, dans les m:irches, un halaillon occupe quclquefoi, dPux ou trois lieues cle terrain. Deux ou trois cents brigands se présentent Pl mettent en fuite mille ou douze cents 1,ommes. li en résulte encore qu·on se répand d ns les ,il,age,, qu,• le, malheureux cultivateurs sont pilii-,, sans qu'on puis-e reconnaitre les coupaba'S: ce qui est un grand malheur. Car déjà plus d'un hahita11t des campagnes a été autorisé à prendre pour des hriganùs ceux qui nè devaient venir que pour empêcher le brigandage .•.. On aura de la peine il le croire. Un jour que les généraux étaient assemblés avec les représentauts ,lu peuple, nous avons vu le chef d'un corps venir déclarer que lui el ses camar.ule::1ne marcheraient pas contre quatre mille brigands, ù moins qu'ils ne ft1,,cnt six mille ... Le mal est grand, nous en avons cherché la c 11,P. Nous avu11scru la lrou1·cr tian, la lun3ueur des formes qui doivent
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