Jean Jaurès - La Convention

IIISTOirtE SOCIALISTE ffi7 finale, péserail sur les propriélé, individuelles ainsi hypolhé1p1ées; !'l Cf'lle indélerminalion aurail paraly,é toutes le~ Iran-action~; comment at'heter Cl vendn•, quand les biens immobiliers sonl grevés d'une hypoth~qur aléatoire et que ni l'acheteur, ni le ,·endeur ne peuvent c·1lculer? c·rùt N,·, jl'ler dans l'agiota~e toute la fortune immobilière de la France. El quPl embarras au jour du règlement I Comme toutes les propriété, des 1>alriole, ,,•raienl hypothéquées, et que ceux qui n"auraient pa~ de rc,-ources di,ponihlcs pour cou\·rir la \aleur des as-ignah à rembourser auraient été obligés, tom ensemble, de mettre leurs biens en bY!othèques, la dépréciation de tout le domaine roncier aurait été formidable. Enfin, à moins de raire de celle hypothèque générale une hypothèque lés;ale et forcée &'imposant à tous les domaines en proportion de leur valeur, il n'y aurait eu que le, biens des meilleur, patriotes qui aurai.,nt été hypotMqués : el les conlrc-ré,·olutionnaires ou les indifférents, ou le, liètlr,, n'auraient pas offert leurs biens en gage. Ainsi, c'est sur les défenseurs Ir, plus dévoués de la RéYolulion, el sur eux seuls qu'aurait pesé toute la charge. El l'opération aurait abouti, à quoi? à l'expro1,rialion des rérnlulionnaires. lllais si la combinaison proposée était en effet inadmissible, elle marqua il du moins que la France commençait à craindre d"être arrivée à re.,trême limite du crédit de l'assignat. Il faudra, pour soutenir celui-<:i, chercher des ressource, complémentaire:;. Et au lieu d"accepter le sacrifice exclu-if des patriote,, il faudra imposer cc sacriflce ù tous les riches. lle là l'idée de l'emprunt forcé scion une règle progressive, idée qui apparaitra bieulôt el dont l'offre téméraire des palrio:e~ esl une sorte d'ébauche. Les forces militaires dont pouvait dis1,oser la Convention étaient bien diminuées; partout, en Allemagne, en Belgique, par l'e!Tet du froid, du dénùment, et aus:;i par la retraite des volontaires qui ne s'étaient engagés que pour une campagne, les armées avaienl fondu de plus de moitié; et pour reconslituer l'etreclif nécessaire de cinq cenl mille hommes, il fallait faire un~ nouvelle levée de lrob cenl mille. Le Comité militaire et son rapporteur Dubois-Crancé voulurent profiler de celte nécessité pour réorganiser l'armée. Elle était formée, on le sail de deux éléments. li y avail des bataillons de troupes de ligne, et il y avait des bataillons de volontaires. li y avait emiron deux hatailloo, de volont-iires pour un bataillon de ligne. Ces deux éléments n'étaienl pas soumis au même régime. La durée de senice des troupes de ligne était fixe; celle des 1olonlaires étail variable. La solde des volontaires était plus élevée que celle des troupes de ligne. Les omciers des troupes de ligne étaient nommés par le pou voir exécutif; les omciers de ,olonlaires étaient élus par les soldats. La discipline, le Code pénal n"étaient pas les même,. De plus, il y avait surabondance d'officiers de cadres dans les troupes de

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