976 HJSTO!IlE SOCIALISTE La démission de Roland. qui se relira le 31 janvier cl ful remplacé par Garat, el celle de Pache, qui fut remplacé par Beurnonville, ami de Dumouriez, répondirent à la pensée de Danton. Roland s'en allait, usé, découragé, el la retraite du l'ieillard chagrin, vaniteux el funeste perm etlait d'espérer une réconciliation des partis. Pache, lui, n'élail pas un homme fini. Il est malaisé de juger son œul're au ministère de la guerre. JI l'avait reçu en pleine désorganisation. Les anciens commis, expérimentés, mais suspects de tendances contre-rél'olutionnaires, arnicnl été écartés, el tout un nouveau personnel, souvent dévoué, parfois tapageur et brouillon, avait pris possession des bureaux. Il a1ait fallu à Pachc une patience infinie, un sens révolutionnaire familier el tenace, pour ne pas se rebuter et pour tirer de ce mécanisme irrégulier des efîets en somme très grands. L'hostilité de Dumouriez, qui voulait être maitre de tout dans son armée. aYail encore rendu la tàche du ministre plus difficile. La démocratie parisienne a,ait le sen liment de loul cela, et hientôl elle élèl'era Pache à la mairie. Mais, par le choix de Beurnonville, un gage de bon vouloir était donné à Dumouriez, el on pouvait se figurer que l'accord rétabli entre le ministère de la guerre el les généraux allait donner un noul'el élan à la victoire. Mais la llél'olulion, en guerre avec l'Europe, avail tout de suite besoin de deux choses : de beaucoup d'argent el de beaucoup d'hommes. Les ressource,, c·est encore Cambon qui les procure par la création de 800 nouveaux millions d'as,ignats. Terri bic surcharge! Cambon avait beau assurer que le gage territorial des assignats était encore surabondant. l'inquiétude se répandait. Des patriotes vinrent 1,roposer d'agrandir ce gage. Une seclion de Paris ofîrit ses propriétés immobilières comme hypothèque aux a,signats. La même motion ful faite aux Jacobins et apJHl)ée par l'ensemble des sections. lfüe allesle l'admirable dévouement ré,olutionnaire. La nation semblait disposée à engager tout son actif dans la Révolution: c'était, contre l'étranger, la levée en masse des fortunes en attendant la levée en masse des hommes. La proposition était d'aspect grandiose, mais elle était inacceptable. D'abord, elle changeait complètement le caractère de l'assignat. Celui-ci, au lieu d'être la représentation des biens appartenant aux puissances du passé, au rail été gagé sur les biens de la puissance nouvelle, de la démocratie l.Jourgeoise et rérnlulionnaire. Tant que l'assignat ne reposait que sur les biens d'église nalionali~és et sur les biens des émigrés, il n'enlamail pas les ressources de l'avenir; il opérait au contraire le transfert ùes domaines du pa:,sé au, hommes libres de demain. Mais à chaque assignat nouveau émis sur les propriétés individuelles, la Hévolulion se serait dévorée elle-même, et celle impression aurait appesanti le cours des assignats plus que l'agrandis,emenl apparent du gage ne l'aurait soulellJl. Nul n'aurait pu savoir d'avance quelle charge, au jour de la liquidation
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