Jean Jaurès - La Convention

HISTOIRE $OCL\L1STE ricurc de la Révolution, flollante, incPrtaine et téméraire depuis Valmy, une direction plus sa'(l', c·e~t que ~larat ne craif(nait pas de soutenir une politique tle prudence. Pendant tout le mois de Mcrmhre, tout ce qu'il écrit sur les afîaires extérieures de la Franrr est contraire à l'entrainement révolutionnaire du décret du 1;;. Il écrit, le ~7 décembre : • La guerre dont l'Anglelcrre semble nous menacer ... Yil'nl uniqurmrnt du tort que l'ouverture de n:scaulfera au commerce de ces insulaire,: ain,i, chez eux comme chez nous, l'hypocrisie s'cmprrssi• de couvrir !lu manlrau de l'humanité le dé-espoir de l'avarier ... Je crois itre 1Pseul 1lép111,: ,fr/,, Co11ve11tio11q 1in'ait pas t•ot,' pour la ré1111ionde lfl Sai-oie ti la Francr ;11011 que je n'en fuise r11c/,a11tfau (011d, mais parer fJttP le moment n'ftail pa, enrorr unu; je ·voyais la chose en politique, et fr savais acre quellr- adl'es,e les em1emis de la Révolution s'en serviraient pour arcuse,· les Français d'ambition, cl soulr,cr contre eux beaucoup de puissancrs qui n'auraient pris aucune part à. leurs dissensions intestines. C'est cc prélexlc qn'onl lait 1,, plus valoir dans le Sénat britannique les ennemis de la liherlé, pour e,citcr le Parlement à déclarer la guerre à la L?rance. • El pour les choses de Belgique, Marat allait beaucoup plus loin que Robespierre dans le ~ens conservateur. JI y avait en Belgique ce qu'on pourrait appeler le parti cl~rical de lïndépendance. Ce parti détestait la domination étrangère, surtout parce que les souverains d'Autriche avaienl troublé les ha- !Jitudcs, bouleversé les traditions, et nolammenl porté atteinte à J'influence traditionnelle du clergé. Ces conservateurs nationau, ne ,·oulaient nullement fonder une société démocratique el lalque analogue il la société révolutionnaire française. Ils dénonçaient el calomniaient le petit groupe de~ démocrates, des vonckistes, qui voulaient introduire en Belgique le droit révolutionnaire. Or, pendant tout le moi:; ,le décembre, ~tarat accueille complaisamment les communications de ces r,ilcteurs. Chose curieu~e, et qui prom,i à qurl point ces hommes étaient éloil(nés de la Révolution : Dumouriez, qui ~cr,, 1'ient0t accusé par les révolutionnaires ùc France de trop ménager les préjugés el le fanatisme des Del'(es aOn de se créer parmi eux une clientèle, e,t accusé par les cléricaux de Belgique de trop favoriser la Révolution et de violenter les esprits. Dans son numéro du 3 décembre, Marat dit : • Ce n'est pas tout: Dumouriez s'est déclaré ouvertement contre les µartisans de Vandernool, les mortels ennemis de la maison d'Autriche, et pour les vonckistes, tous partisans des ordres privilégiés. • C'est sous ce jour étrange que Marat voyait les partis. Dans son numéro du 18 décembre, trois jours aprés le vole du décret, il insère une lellre de Belgique, toute conservatrice : • Voilà bien du grabuge dans la Belgique. D'où vient tout cela? Du despotisme des généraux qui veulent donner des lois à un peuple, à qui ils ne

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