008 IIISTOIIII~ SOCI..\Ll~'l'i<; .\in,i Rohr-pierre n'prenail le langage qu'il avail tenu au printemps de 1î92. JI ,ignalail l'insuffisante préparation des peuples à la ll(•volulioll, el il ,oulail que la France Lint le plus grand com;,lc de leur:; préjugé, ou religieux oil merl'antih•,. A nai dire, c'était, sous des formes discrètes, le Msaveu romplcl du clécrel du 15 décembre, dÎI à la dangereu•e inilialive de cc ,n~me Cambon qui avail propo,é la suppression du buclgel de; cultes, el qui, selon Hobespit•rrc, ameutait partout, en Belgique comme Cil France, h•, prêtre, cl les croyants contre la Hévolulion. Robespierre, de ~cplembre à janvier, a évidemment manqué rie courage. Serré de près el memcé par la Gironde, il n'a pas ,oulu recommencer la difficile prédication de paix. de prudence, de moth'ralion qu'il avait risquée si 1: mois plus lol. li n'a pas osé, clans l'éhlouis~cmenl de \'almy, de Jemmapes, de 1,1 SaYoie, reprendre le rôle de censeur moro-e. El il a hi-sé, par ména· gemenl de sa popularité el cl,• ,on repos, des fautes irréparables peul-être s'accomplir. )lainlenanl encore, sous l'apparente précision des derniers conseils relalirs 11 la Hollande, la pt•mée re,le vague. Que veut-il, en somme, que l'on fas•e en Belgique? Là est le point délicat. On ménagera les préjugés catholiques du peuple, c'est entendu. ùn ne pllsera pas sur lui pour en faire une démocratie toute révolutionnaire el laïque. A la· bonne heure. )lais va-t-on annoncer au monde que la France évacuera la Belgique aussitôt qu'elle ne sera plus conlrainle de l'occuper par des nécessités d'ordre purement militaire? La conclu•ion nelle, logique, de la pensée de Robespierre serait de dire à la coalition, et en particulier à l'Autriche : « Nous ne voulons pas plus révolutionner les Pays-Bas qn~ nous ne voulons rérnlulionner le reste du monde. Nous sommes prêts à faire la paix, el à évacuer la Belgique même, à la seule condition que vous reconnaitrez la République française et que rnus n'interviendrez point par la force dans les délibérations du peuple belge rendu à lui-m~mr, et se donnant librement un gouvernement de son choix et une Constitution à sa mesure. • Oui, ,·oiHt l'applicalion précise des principes de Robespierre. )fais pas plus qu'il n'osa comballre le décrel du 15 décembre qni heurtait toutes srs conceplion•, mais qui enivrait le génie ré,·olulionnaire de la France, il n'osa donner une conclusion nette aut prémisses posées par lui. Il n'étail certes pas incapable, à certaines heures décMves. de sortir des formules ,·ar.:ues, et même bien sou,rnt ces formules très g~nérales servent chez lui à couvrir une politique précise. )'lais souvent aussi il se réservait, il ne se compromellail pas à fond, et il gardait le droit de lirer parti des événements, quels qu'ils fussent, pour sa popularité et son influence. Ce qu'il esl curieux de noter, ce qui prouve que Robespierre, s'il etll été moins préoccupé de lui-même, et moins absorbé par sa lutte contre la Gironde, aurail pu, dans les derniers mois de 1î02, donner à la politique exté-
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==