958 IIISTOIRE SOCI.\LISTI~ • JI n·y a qu'une majorité de cinq vui,. Ce que je crain,;, c·est d'Orléans, qui, né wr Ir lrône, c·e,t-à-11ire dans la ho11P,doit n(·ce,,airement vouloir la domination ... J(' ne ,·e11, pas ~lrc l'in,trumcnt de ce parti ... Cc parti ne veut la mort <leLo11i,X \ï que pour y placer un autre roi. » El r·csl toute la ~lonla~ne quïl enveloppait de ce ,oupçon. Bri,sot insiste encore lon.:wcmrnl, presque dé,espérènwnt, au nom de la paix, oubliant qu'il était trop lard, que le parti de la guerre était dès lors le matlre en Angleterre, et que lui, Bris~ol, ne 1,ouvait, sur la foi de quelqu,., rorre,pondances privées, apporter à la Convention une certitude et unP µ;aranlie. Par 380 voi\ contre 310, elle signifia sa rnlonté d'en finir. Ver;miaud vola contre le sursi~. Il avait sans doute entrevu la guerre civile, prête à surgir d'un l'Olc de clhnencc; el il s'ét..1ltépouvantr de voir qu'en cette guerre civile la Gironde serait li/\e au roi. Ainsi la marche précipitée de la Révolution excluait les rom promis éloquents, les vastes combinaisons un peu incertaines. Bandol a tlil: « ~firabeau a souvenl entrainé, par son éloquence, l'Assemhlée ,·on,tituanlc. Je doute quïl en etH été de m~me à la Convention. Le, pa,;ion, y (•laient plus fortes 11ue l'ait oratoire. Vergniaud était grand ora11·ur snr le char en course ,le la TI.é,olulion: voulait-il l'arrêter ou le faire rétrograder, il perdait tout son rrédit. » Quand \'ergniaud rejette le sursis, on tli,·ail que, tomhé en eITel tlu char de la n., 1rolulion, il se met un moment à courir apn's lui. C'est en ,·ain: il n'y reJnontt'ra plus. Lr snpplir•' fui n,6 au lundi m ,li:i :!i janvier. Paris élail tranquille. La munid1ialité arait ordonné ,1ue, la nuit, les maisons fussent éclairées afin de renilre la ôur,·.-illance plus facile. L:i ville muette et dormante, avec ces innomhrahles l11enrs immobile, et voilées, était comme le catafalque de la mc,- narchie. Les royali;tes songèrent-ils un moment à enlever le roi, à le délivrer pendant quïl serait conduit du Temple à la mort? C'est possible, car des appels à la clémence furent placardés çà el là. ~lais ils y avaient sans doute renoncé dè, le 20 janvier: car, il ce moment, l'ancien garil,• du roi, Pt\ri,, abordant dan$ un rr,taurant du Palais-Égalité le conventionnel Lrrellelier de Saint-Fargeau, lui demandait: « \'ous avez voté la mort?• et le tuait. Si Pâris avait cm possible d"e11lcver le roi le lendemain, il se ,crail rèserv6 pour reltr entreprise, et il n'aurait pas éveillé les dèfia11c1•s1nr cet attentat. li put séchapper, mai, il s'était exposé à èlre pris: et il n'aur.iil pas couru cette chance si, le lendemain, un rendez-vous avait été donné, sur le pas$age du roi, aux royalistes les 1,lus hardis. lis ne purent sans doute, sous la surveillance active de la municipalité, se réunir et se concerter. A la nouvelle de l'assassinat de Lepellrlier. un C:i,son de colère et de douleur, mais d'orgueil surtout, traversa le cœur ,tes révolutionnaires, de ceU\ qui avaient volé la mort du roi. Qui osera dire maintenant que nous avons voté sous le coup de la menace et de la peur? Le danger, il est pour les régicides. Et, en mème temps, l'obscure réclamation de l'humanité se taisait en eux. Ils étaienl
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