Jean Jaurès - La Convention

IIISTOIHE SOCI.\LIS'l'E plu, lente ,le leur i·lre el précipit;U outre mr,urc le rythme de lrur propre ,je. La mort du roi était comme le symbole d'une politique d'anéanli,sement: et ils Youlaient retenir du pa,:;é toul ce qui 1ùtait pas Yiolemmcnl inco11cilial.Jlcavec l'ordre nouveau. ,\insi, à lïn,u mênw des ré,olulionnaircs de la Bretagne péninsulaire, J.,, mélancolies ,rcnHcs dr leur cœur pournient s,, pr•ni•lrcr de roialisme. Quand ;llarat appelait• roy,1li,tes "· ceu, qui ne voulait•nt pas la m11rl du roi, il les calomniait à roup -ùr; mais il prc-,entait au~,i les rapprochenwnt, <Juise produiraiPnt un jour. Pour plu,icur,, la pitié ét«it un conrn,encem~nt dt' nrtige, t'L une première trntalion. Déjà les cris d<' colère de, 1;iron1lins con trr la Montagne el co11tre Pari,, leurs combinaison, pour sauver J,, roi, trou,·aient ,1a11:;roue 0 t un écho redoutable, cl le, royaliste; entraient ,, coup ,ùr, san, a,·out'r leur but ,u1m'me, dans ces confm;es agitations. llarat 1rnblie un • e\lrait d'une lettre de Quimper, le 1\, écemùre » <1uie,L inquiétante; c'c,t curun1,• un prodrome de guerre ciYilC, cl d'une guerre ciYilc 11ù, par la rorre des choses, les réYolulionnaires modérés oeraienl soutenus, enveloppés, cléburdés peut-Nrc par le~ royalistes dé;;ui,é:;: « Il y a eu ici, a,anl-hier, une fprmcnlalion; les députés dt' cc di•parlemcnt qui ,onl d·e,,ra~és l\ollandin-, entre autres K1•rvelegan, Gomaire cl "arcl ont écrit une lcllre alarmante; ,oici la :::uh,tance de leurs impo,,Lures : « LP parti ~foral el 1\obespierrc ne demande la punition du roi que ,, ponr (lc,cr l'ltgalité au trùne. La Com·enlion ne délibère pas libre- « 111rnt, elle n'est m,·me pa~ en sûreté à Paris. lis finissent par inviter le cl(•partem..nl à lcnir une force armée J rèlc à .se rendre à Paris au premier <« ~i:.;-11al. • En conséquence, le ,1,•1,;:1rt.,nw11t a arrNé hier, dans une s(•ance publi- « que, quïl ,erait le,é dan~ :-on r,,,sort un corps de 300 homme,, pri-l à mar- • cher le :!j de ce moi,:; que copie de cet arrêté sera enYO)ée à tons le, di~- • lrich el municipalité,. • • :'ious ,oilà donc menacés ùe la guerre civile par d'infâmes députés qui cherchent à armer Lous les déparlcmcnts contre P.iris, pour farnriscr l'enlèvement du tiran; 1,ar d'infàmes députés, peul-être tous complices de ses crimes, qui fomentent des diYisions intestines. » Comment les roialistes, auxquels Je, déclaralion., girondines fournissaient des arguments si aisés, n'auraient-ils pas songé à en tirer parti? ~:t comment un jour les Girondins n'aura!cnt· ils pa, été inclinés à chercher un point d'appui dans ce fond de royalbme à ùemi inconscit•nt qui subsistait en bien dt•s i:œurs, et que leur; ,ëhémenles at1acp1es contre la Révolulion e,trême arail Dallé·? \lais ce n'étaient encore que d'obscnrcs tendances, lnapcrçues de ceux mèmcs en qui clics s'é,·eillaient.

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