Jean Jaurès - La Convention

IIISTOIRE SOCIALISTE ' mière sentence en fanur du roi était annulé•·· C'e,t ,an, <lùul•· de ,·,•Il•' intrigue et <le l'émotion du , ..te é11uin>'III'' au,l'tt'l il 'l' prêta, 'Ill'' ,1,t,·11tces t,•rreur; ,)(•)lailh•• 11ue Butdot a nolt• , .. \fais, 1•11loul cas, quel que fût le mode a !opté par Lt Mo11tagn••et Paris puur r,•,e11ir ~ur le juge111ent, c·eot t'l6 la guerre civile entre les t.leux fractions de la Conwnli.,n. Et, sans doute, la lutte qui (·clalera en juiu entre le, d1\1artome11t,, snul•·vé< pour la défense 1l1•s Girondins pro:-crib, el P.ui~, t>OL l·dalt• fii:~ lur~. La l;irû1ulcaurait eu, dans celle lutte, un malheur immense. )lllgré tllc, elle amait apparu comrue le p3rli du roi. L'humanito. la pitié, aur.iit été, ,ans qu'elle le voultH expressément, le puint tle rnlli,•nrcnt <le la co11tre-rho!ution. li est tll'jit significatif que les ,.<•pulés tle, quatre 11tparlement:; qui forment le cœur m~me et le dur noyau d1•la Breta~ne: le Fi11istère, le ~lorlJihan, les Côtc,-du-;-.ord, lîlle-et-\'ilaine, niPnt pro•, 1ue tous ,nt(• con!re la mort: 2;:;contre O. Des treize députés du Cah:ulos. qui jouera un si grantl rôle lJil•nlùl dans la guerre r.:iron-linr, un fr1tl. Jouennc-Longchamp, vota la morl ,rn5 cundition, cl encor,• indiqun+il la p()ssihililé d'un sursis. Lr; 1lùUl'' autr,•s volèrent le bannis,,•ment. D"ns la \laicnnc, sur 8 députés. 2 s1•11lem,·nt10tèrent la morl sans conclilion. ,1 volèrent IP hannissemenl, el :l volèrent la mort conditionnelle, e,pn ss, ment surl.,ordonnée à un sursis. Cho;e curicusr• i En Y1•111loe,au co11trairt', . rcsque tous les représcnl1nls \'Otèrent la mort, 7 contre 2. ~lais dans le, d,•partements qui seront le rduge de la Gironde ou ,on point d'appui, ,lan, ceu,, partie tic !a :Xorrnan<liequi ,•sl adossée à ln Bretagne et dan, la pr1·s11u'llehrt'tnnne, l'immense majorité tics représ •ntants est contre la mort. Po•,rquoi '? Ils rfrlai,•nt pas r0) ,ilistes. Tous a,aient d1•claré, et en tout~ ,incéril,•, Loui- conpalJle. L'inlrépitle et obstiné Lanjuinnis, quand il motiH' sou vote, ne chcrd1c pa~ il ,.,cus,•r l,• roi : l< Connue hommt', je ,oterai~ la morl de Louis; mai:--comm~ léghhlf'ur, considérmt ui:iquemenl le salut de rr.tat el lïntér,'t •le la liberté, je ne connais pas d,•meilleur moyeu punr les t·onserver el les défendre contre la lyrannic, que l'existence du ci-11,•varrt roi. Au reste, j';1i crrtcndu 11irt•qu'il litllail que nous jug~a,sions cdte alf,,ire comme la ju,.;erait le peuple lui-même. Or, le peuple n'a pas le droit 1l'i·gorger un prisonnier rnincu; c·est donc d'apt·i•s Ir vœu el les droits du prnple, cl non d'apri•s l'opini•m que roudraienl vous fair· parln:,er qw·l ,u n, (:· nlre nous, 'J'lt! je, \'Il~' p,1ur la réclusion jusqu'à lapai'(, el pour le bannissement ensuite, sous peine de mort nu cas qu'il ren tràl en France. • ::-.lln, il~ n'ét·1ienl pa; royaliste,. Mais sans doute dans l'Ouest, qu'ils représentaient el dorrt ils re0ctnienl la pensée, il se faisait duns les esprils un mi·langc confns de pitié, de résistance, de défiance. Ces homme, commençaient à dire: c'est assrz. Ils avaient peur que la Ré1olulion, en déraf'inant toul le passé, tonrhA.t à quelques fibres ile lrur cœur, à leur foi rcli;::ieu:;i•; ils cr,1ignaienl aus.i que Paris ahsorhàl un peu trop, dans ,sa vie de fièvre, l'habitude

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