Jean Jaurès - La Convention I

80 IJISTOlllE SOCIALISTE qu'au bord ù'héroï,mc, de souffrance et de haine. Les hommes sont fort, et ils feront lrur œuvrc. ~lais ils la feront en se. déchirant, en se délestant, en ~c tuant les uns les autres. Que le d,,slin cl notre sagesse préservent 1,, prolétariat de ces formes violrntcs de la Révolution! En toutes ces tètes qui vont tomb,•r par une mutuelle proscription s'ébauche déjà, aux jours de septembre J,Q~, l'image monstrueusement fausse des amis d'hier, ri vau~ d'aujourd'hui, meurtrier, de demain. Yisiblcmenl, dès le 4 septembre, la Commune révolutionnaire et son Cr,. mité de surveillance ont perdu la partie. Ils ne peu1•enl plus subordonner L\s;cmblée, étendre à la France la terreur , 0 ptem' risle, el écras.er en Ieur germe mème les candidatures girondines. Le Cons~il de la Commune, sans l'ormuler pourtant un dé.aveu, se sépare rie son Comité de ~urveillance. D'abord il tente (l"arrôler les massacres. Dan, la séance du 3 septembre au soir « la section du Pont-:-ieur , ienl deman,ler à la Commune qu'il soit nommé des commissaire, à l'effet de suspendre la vengeance du peuple qui veut immoler ~I. Richard, con,'i ·ri;e des prisons ùe la Conciergerie». La Commune " arrête quïl sera fait une proclamation ,ur la néces-il•' de remcllrc à la loi législative la punition des coupables ,,. Surtout la Commnne s'incline cléGidémenl devant les décrets de J'.\sscmblée: « Un secrétaire ùonne lecture (tonjours le 3 septembre au soir) du décret de l'Assemblée nationale rendu hier sur l'organisation du Conseil général, qui ordonne que ledit Conseil sera composé de deux cent qualre-1•ini;t-hui1 membres, non compris les officiers municipaux, le maire, le procureur de la Commune cl se~ substituts. • Aucune protestation ne s'élève. cc Le Conseil entend la lecture du décret qui porte que le Conseil général el la municipalité rendront compte de l'ét,,t de Paris sur-le-champ. Le Conseil nomme des commis,aires à cet <'ff~t. » C'était donc la déférence complète aux décisions de l',\s,emblée. Enfin, avant de se séparer « le Conseil général, vivement alar,nr' et toue/té des. 111oyP1idse ,·igueur qu,, l'on emploie contre tes p,·i,onniers, nomme des commissaires pour calmer l'effervescence et ramener aux principes ceux quipourraientêlr~ égarés; il est arrêté de plu3 qu'ils seront accompagnés de deux gendarmes à cheval el qu'ils pourront requérir la l'orce armée. • c·csl un accent ému et net. Pélion, qui avait ,·écu depuis le Di-t Aoôl dans un état de dépendance et qui accompagnait les délégations de la Commune à l'Assemblée comme une ombre muette et triste, reprend autorité et voix. C'est lui qui tous les jours, ou personnellement, ou par lettres, informe l'As,emblée de l'étal des choses, lui donne l'assurance que le calme rentre dans Je5 esprits, que tous les cœur5 se tournent contre l'ennemi commun, cûnlrc l"êtranger. El, on sent que Pélion s'épanouit de nouveau en ce rôle, comme unr planlc·longtemps tenue it l'ombre S:ouvre au soleil. li y a dans s1 vanité satisfaite un perpét.uel attendrissement. Le 1, h• :, cl le 6, la Commune, avec plus de bon vouloir que d'énergie,

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