Jean Jaurès - La Convention I

IIISTOlllE SOCL\LIS'l'E 70 agitateurs. Eh IJfrn, qu'ils preuncnt ma Yie; jr ne Yeux la conserver que pour la liberté, l'égalité ... • Et il termina en sommant l'Assemblée de le soutenir ou d'accepter sa démission : • Je reste à mon poste jusqu'à la mort, si j'y ,nis utile cl qu'on me juge tel; je demande ma démission et je la donne, si quelqu'un est reconnu pouvoir mieux l'occuper, ou que Je silence des lois m'interdise toute action. • L'Assemblée lui répondit par des applaudi,,ements répétés et des acclamations. Roland, en ce discours, garde encore l'équilibre. li semble disposé à lai,,er un YOilcsur les tristes événements de la veille, et à ne les point jeter dans la lutte des p.utis. Mais c'est un équilibre instable, el il est visiblement te~t\\ de faire des massacres un moyen de polémique contre les ennemis du la Gironde. Serl'an Yinl à son tour affirmer que c'étaient les ennemis, les envahisseurs qui dili,aienl les citoyens par des rumeurs abusiYes: • Quelles suggestions perfides n'cmploie-t-on pas pour nous égarer" Quels moyens ne met-on pas en usage pour nous détruire mutuellement? Ici ce ,ont des signataires de certaines pétitions qui sont désigné, à la ,engeance du peuple; lit ce sont des propriétés menacées. Tandis que l'on répand dans les départements frontières que le duc d'York est appelé au lrùne de l'rance, on répand dans Paris que Louis XYI, de par la ,olonté de l'Asoembléc, doit y remonter. Paris seconde les suggestions des ennemis de la liberté. li est donc essentiel d'en arrêter promptement les progrès el d'en prévenir les ré,ullats. " Je propose donc à l'Assemblée: 1• de faire une adres•e au peuple pour Je détromper sur toutes ces assertions mensongères et que des commissaires ùu poll\oi1· exéculi( en soient porteurs; 2· que l"Assemblée H'Uille enrnyer des commissaires dans toutes les sections de Paris pour les éclairer; 3' que !',.\>semblée nationale soit toujours en séance jour el nuit; 4' que la garde nationale soit constamment sous les armes en nombre suffisant pour maintenir l'ordre; 5° que Paris soit illuminé pendant la nuit; G•enfin que les décrets que l'Assemblée rendra su,· ces importantes matières soient publiés d'une manière solennelle. » Gensonné, presque aussitôt, au nom ùela Commission des Douze, proposa ce décret qui fut adopté sans débat : « L'Assemblée nationale, considérant que l'un des plus grand, dangers de la patrie est dans le désordre et la confusion; que sûr de résister am efforts de tous les ennemis qui se sont ligué, contre lui, le peuple français no peut se préparer des revers qu'en se lhranl au, accès du dé,;cspoir el aux fureur, de la plus déplornble anarchie; que l'instant où la sûrdè dPs personnes et des propriéll'S serait méconnue serait aussi celui oü des haines particulières substituées à l'action de la loi, où !"esprit des factions rcrnpla-

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