Jean Jaurès - La Convention I

SHl IIISTUIHE SOC.I.\ LISTE guerrt',; prornquét's par J'arblocralie féodale, Loule arlslocral.ie de propriété les provoqu,•ra. • L aml,ilion esl, de toutes les pa,,ions humaines, celle qui fail les ra,agr, J,·, pin, étendu,. Elle ajoule di,lrict à district cl royaume à royaume. Elle I erse le •ang el 1, souffrance sur toute la face de la terre. )lais cette pa-:;ion même. aussi bien que les moiens de la satisfaire, esl le produit du "slème dominant de propriété. C'est seulement par une accumulation <le p~opriélé qu·un homme obtient un empire irrésistible sur une mullilude t1·aulres. Hien n'e l plus aisé que de plonger clans la guerre une nation ainsi organisée. Si, au contraire, J"Earope était peuplée d'habitants ayant tous le nécessaire el aucun le supernu, qu'est-ce qui pourrait engager en un état d110stilité les dilTér~nts pays? Si vous l'Oulez conduire les hommes à la guerre, vous devez les amorcer par certains appilts; ou, à défaut de ces app/lls, il faudrait décider par la persuasion chaque individu. ~ais comment serait-il possible, rien que par tle tels moyens de persuasion, de décider un peuple à égorger un autre peuple? Il es/ clair que la guerre, avec tous ses maux, es/ le ftuil de l'inégalité de propriété . . lus,i longtemps que celle source de jalousie el de corruption demeure, il es/ cltimérique (visiouary) de /J<irlerde la J)ai.c univerulle. Au,silôt que celle source sera séchée, la con--équence se produira nécessairement. c·est l'accumulalion de pro1iriété aux mai us de quelques chefs qui fail de l'humanité une masse grossière, que l'on veut ployer el ma11ier comme une machjne hrule. ~carlez celte pierre d'achoppement, tout homme sera uni à son prochain par des liens d'aO'eclioa et ùe mutuelle tendres•e, mille fois plus .qu'aujourd"hui: car alors chaque homme pensera el jugera par lui-même. • Ainsi, le grand rêve pacifique de la fiévolulion naissante ne prendra corps que dans une organisation sociale égalitaire, el ici encore Godwin JJrend sou élan du mou,emenl révolutionnaire pour le dépas,er. Quelle était, en ces magnifiques 1•isionsd'avenir, la joie de son ilrne, Godwin l'a dit plus Lard. li avait touché dans sou livre à la question de la population. Il avait a,,uré quïl était possible à la terre, mieux aménagée, de nourrir un plus gra11dnombre d't,ommes. • li a été calculé que la culture pourrait être assez perfectionnée en Europe pour nourrir cinq fois le nombre actuel de ses hal.Jitants. li y a dans la société humaine un principe qui fait que toujour, la population est ramenée au niveau des moyens de subsistance. Ainsi, parmi les tribus errantes de l"Amérique el de l'Asie, nous ne trouvons jamais, dans le cours des Lemps, que lu population se soil assez accrue pour rendre nécessaire la culture de la terre. Ainsi, chet les n Ilions civilisées de l'Europe, par l'elTet du monopole tenitorial, les moyens de subsistance sont contenus dans certaines limites, et ,i la population excètle, les classes iuf~ricures ne peurnnt 1ilus se procurer le, choses nécessaires à la vie. li y a, à coup s11r, un extraordinaire

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==