Jean Jaurès - La Convention I

830 lllSTOIHE SOCIALlSTE -- -- -------- les ~ceaux du malheur. <le l'injustice el du déshonneur»; mais comment serait-il po,sihlc ù,• les en ddourncr par la forer·/ ~ :,; 1 un indilidu, par l'effet ù'une plus grande ingéniosité ou ù'unc plus infatigable industrie, ohlirnl une pins grande proportion des nécessités ou des a.a:réments de la vie que son prochain, et, les ayant oblenns, décide de le; convertir en moyens d'inégalité permanente, celle conduite n'est pas telle qu'on puisse entreprendre jusle1nenl cl sagemPnt de la réprimer par des voies de coercition. Si, l'inégalité étant ainsi introduite, les membre, plus p.iuvres de la communauté ,ont. ou assez dépravés pour vouloir, au dans une situation assez malheureuse pour devoir se faire eux-mômes les serviteurs salariés, les ouvrier; d'un homme plus riche, cela non plus n'est probablement pas un mal qui pui,se t'llre corrigé par l'ioterl'ention du gouvernc:nenl. Mais, quand nous sommes parl'enus à ce point, il devient difficile de mellre des bornes à la croissance de l'accumulation chez un ho ,11ue, de la pauvreté et de l'infortune chez un autre. • El non seulement Godwin con,Late lïm possibilité d'arrêter par la loi celle érnlulion capitali~te qu'il déplore; non seulement elle lui apparait comme un fait profond qui, procédant de la liberté humaine égarée, ne peut être aboli que par la liberté humaine éclairée et redressée: mais il se refuse à troubler ce mouvement. Un moment il se demande s'il ne serait pas possible de le modérer en supprimant les lois qui garantissent l'héritage el la liberté de tester : « Que devons-nous penser, dit-il, de la protection donnée à l'héritage el aux libéralités testamentaires? Il n'y a aucun mérite, clans le fait d'être né le fils d'un riche, plutôt que le fils d'un pauvre, qui puisse nous autoriser à appeler tel homme à l'abondance et à condamner tel auLre à une invincible détresse. Sûrement, non; al'ons le droit de nous écrier que c'est assez de maintenir de; hommes dans leur usurpation (car n'oublions rimais que la propriété accumulée est usurpation) durant leur vie. C'est par la plus extravagante fiction que l'on étend encor~ J'empire du propriétaire au delà même de :;on existence naturelle, cl qu'on lui donne le droit de disposer des événements, quand lui-même n'est plus dans le monde. • )lais Godwin, soucieux <lene p·1s afTaiblir le ressort de l'activité individuelle et de ne pas lier la volonté des hommes, même quand elle s'égare, ré,iste à l'idée d'abolir l'héritage, • Les arguments, dit-il, qui peuvent être apportés en faveur de la protection accordée à l'héritage el aux donations testamentaires, sont plus forts qu'on ne l'imaginerait d'emblée. :-ious avons essayé de montrer que les hommes doivent être protégés dans la di,position ùe la propriété quïb ont personnellement acquise: ~oil qu'ils la dépensent pour les objets dont ils ont besoin, ou 1;our les objets de luxe qui flattent leur pensée; soit qu'ils la transfèrent à d'autres hommes daus la proportion que dicte la justice.ou que

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