i6 HISTOIRE SOCIALISTE bles el ju,te,, c'est à vous que j'en appellr, contre ces hommes de glace qui verraient périr le genre humain sans s'émouvoir, sans sorlir des gonds; les tramporls de fureur que vous éprouvez à la vue d'une nation entière entrainée dans l'abime par u1ie poignée de scélérats est mon apologie. El le rnlul public qu'ont toujours a,suré ces expéditions populaires sera la seule réponse que j'opposerai à la calomnie. • .\lais le retour tout naturel de ~laral à son système implacable n'ôte rien de leur l'aleur étrange a1n regrets deux fois exprimés des • désastreux événements du 2 et du 3 ». Il n'y a pas là seulement, pour l'orgueilleux théoricien une rechute dans l'inférieure sensibilité humaine. Il y a aus,i un regret politique. Au fond, si je ne me trompe, Marat est désolé que les massacres aient compromis la Commune rél'olutionnairr où il dominait. La force ré10lutionnaire dn 10 aoùl s'était il demi épubée, mais la crise de la patrie avait suscité la Commune pour un nouvel élan. Arne plus de prudence peul-être, el plus de calculs d'humanité, clic pouvait devenir la directrice du mom·emenl national, la mat.tresse de Paris. Du coup, et sans c!fu,iou de sang, la Gironde était morte, et sous les conseils souverains de ~larat, la France libérée de l'ennemi étranger et ile l'ennemi intérieur entrail dans la gloire, la liberté et la I aix. Déplorables boucheries, qui ont ému les âmes faibles el déchaîné contre la Commune des révolles de pitié gro•sière I Elles ont arrêté le dél'eloppement du plan où la pensée de Marat se rencontrait avec celle de Robespierre. Evidemment, en octobre, )larat se reproche comme une maladre,sc ces massacres qui ont fourni à la Gironde et aux âmes sollcmenl ,emibles tant de spécieuses déclamations. Yoilà donc el de l'a,cu du principal • septembriseur • un premier obstacle où les ambitions politiques de la Commune se sont brisées. Et en second lieu, il est certain que toute la !~rance a été mise rapidement en défiance contre la prétention de la Commune parisienne à représenter la nalion. Sur ce point, la susceptiblité des Montagnards, surtout des démocrates du Midi' comme Cambon, a été au moins égale à celle de la Gironde. Enfin et comme conséquence, une ombre de dictature a soudain effarouché les esprits. Si la Commune est souveraine de Paris, el si Paris est souverain de la France, les hommes qui dominent à la Commune domineront par elle Paris et la France. Or J'influence de Danton, de Robespierre, de Marat sur la Commune est immense. Unis, ces trois hommes manier.aient donc à leur gré le grand ressort du pouvoir. C'est la dictature du« triumvirat. qui s'annonce. L'As,emblée législative comprit très vile qu'en faisant appel à l'instinct d'humanité, au besoin de sécurité, aux défiances provinciales et à la haine de la dictature, elle pourrait prendre sa revanche sur la Commune, ressaisir le pouvoir, el assurer à la Convention prochaine une large autorité nationale où l'espérance de tous les parlis révolutionnaires aurait une place.
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==