Jean Jaurès - La Convention I

S20 lllSTOIHE SOCI.\LlSTls simplt.. nnb )arg-1• du i-:ra11d nombre'! On pC'11l calculrr que le roi, môme rru,w 11,onarchit• limil<'•P,reçoit <·ommc ~alaire de son or!ice un re1•c111è1qui- ,.-aJ,,nt au 1ra1ail de cinqnante mille hommes! Et repré,cntons-nous enrore les pari:-. fai~p, ;i ... r~ con~rillPr~, à ~c~ noblr:-, aux rirh<'s l)otirgeois <JuiYPUlt•nl imiter la noh!P,,e, it leur, ,·nfanls et. alliés. Est-cr miracle qu'en de tels pays, le..:onln•:-- i 1f(Ticur;; de la communaulé soirnt ép11is(1 " ~Olh un faràfau rle mi,i•n• et (]p fatigue imn,o:lt'rét•~ (prnury and immodr,·atr fatig11r)? Quand nons voyons la rif'hes,e d'unC' prOl'in,·r étalée sur la table d'uu grand. pou- ,·<rn.:.11ouê--lrr• ~urpris que ~c.:.. vobins n'aient pa,; de p:tin pour apai:;er le cri de la ftlim '? « El r<•tte contlilion faite à des êtres humains peut-elle Nre con,iùérte rommc le ,uprhne 1wrfrclion11emcnl de la sa,;es,e politique? li est impossiule qu·,, 11 un ,emhlahlt• étal les vertus , mine11tes nr soient pas extrèmemrnl rares. LP, hautes rl les has,es clm;sc; sont ég-alemenl corrompues par celle silualion contraire il la nature. ~lais pom laisser de côlé en ce murn<"nl les hantes cla•,e•, quoi cleplus l-1 iclcnl q:ie Il lrn,lan ,e du bernin à contracter les fa,·ulk, inlellecturlles? !.a ,ituation que l'homme sage doit rlé,ircr I our !11im••me PLpour cenx au,q1wl; il ,'intéresse est une situation alternée de tranil ri d,• rl'làche, 0'1111 lr.n ail qui n'épuise pas l'org•,ni,mc, d'un rcpo, qui nr dé,;éni•n· pas en indolence. ,\in,i l'incluslric et I arlil ité sont rn l'orce, le ('ûrps est maintenu en santé, el l'esprit aple it la médilalion el a11 prn~rè,. Cr ,rrail lit la co11dilio11de Ioule l'espèce humaine si les objets de 110, hcsoins l'lairnl ,:quitablenll'nL r(·p:11-Li,P. eut-il y avoir un S) ,!ème plus digne de (ié,approhalion que celui qui ronvcrtit les quatre-, ingt- rlix centièmes au moins dc•sêtres humain, en hi·les de rnmme, dél1·u;l lllll de P<'n,écs, rend impo,,ilJl<>s lanl ,Je vertus el r•,lirpe lanl de bonheur·? • El ,i J'c,n ulijecl<' i1 Go1h1i11que l'ar~umenl e,L élrnngcrau sujet de l'ari:'- tocr.itie. e\ qu'il 1,orlc contre la propriété elle-mèmc, il en convient, mais il ajoute, a,~c ce ;;eus pratique qui ,e combine en lui au, plus ,a,te, et au, plu, Jc,intaines hardie,ses, que le régime aristocratique a!!grave l'inégalité. • L'iné~alilé des conditions est lïnhilable con:!équcnce de l'instiwlion de la JH'Opriéli,. Oni, il est nai qur beaucoup dïncorwènients clériYenl de la propriété mêml', ,ot1s la forrne 11 plu, simp!e oü un peul la conce1•oir, mais ce• incon111nicnt,, ~i haut qu'on les évalnt', sont fort aggra1•és par les <,pérali01h cl,• l'ari,tocralie. L'aristocratie ,!élourne de son cours naturel le fleuve de la richesse qni pourrait ~orl,'l' dans Ioules les parties de la nation non le n11 age, mais la l'éconllilé , l la joie; l'aristocratie ,·applique, avec un soin conlillll, it accumui<•r la richesse aux mains d'un petit nombre de persunnes. « En m,'me temps qn'ello e;;saie de rendre difficile l'acquisilion de la prop1 iéli· per-011nclle, l'aristocratie a grandement accru cel appélil d'acl)nisilion ..Tou, les hommes ont naturellement soif de dislincli JO cl de préémi-

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