Jean Jaurès - La Convention I

l>lO 111'-TOIR~; SOCIALISTE un,• ,.0uffranc,• qui apporle awc eile sa consolation ... C'est le propre de la v&ril,' cl't'lrc ,ans crainte cl de prouver à tout adversaire sa force ,ictorh1 u..r. 11 r.·,,,l un hr:1u rl calnw MO au, fureurs de la r(•aclion anglaise. )lais, dan, la p.1-,ion de la ,érilt' comballue, Godwin ne s·engagP pas au <lPlàrie 1:i ligne qu'il ;fr,l lracée. c·csl 811rtout aux maHres de la p~nsée clu xv111• sil•cle qu'il se ratlache, à d'llolbach. à llclvéliu•, à Rousseau, ••l en outre il Locke. Or, quelles qne soient les nifférences de conception clc ces homme,, ils se rencontrent Lous en un point: la puissance souveraine de l'éducation. t)o1h1in est l'adver:;aire de Loule doctrine dïnn/>ilé ; c'est le milieu qui forme l'homme; le prélrnclu libre arbitre est un leurre et. s'il e,i,tail, serait un péril, parce qu'il livrwait les individus humains au hasard de décisions arbitraire,; le, actions clr, homme, onl leur source dans leurs opinions, el leurs opinions sont l'e/Tel clrs circonstances où ils vivent. Dr là une extraordinaire plasticité de la nature humaine, N l'espérance d'un progrès iudM!ni de J'humanM. puisqu'il suffira de créer un milieu polilit]ue et ,ocial toujours plu; sain cl (Jiu, harmonieux pour que tontes les facultés humaines se développent a,ec une puissance croi•sanle cl dans un ordre crois-~nl. De là au-si m,e ronceplion égalitaire : car l'action de ce milieu pouvant s'e,ercer également sur tout homme, loul régime de ca,le el de privilège dPvienl un non-sens : on peut rai•onnablement attendre de tous les individus un <101elopprmenl ,en~iblemenl égal. En lou l ca,, il n'est pas possible de -arnir d'wance en quel i:ruupe d'hommes so1l les grrmes les plus excellents: les hantes facultés intellectuelles et morales sont disséminét•s à travers la dive,·silé infinie des conclilions et des lempüamenls, cl il faut pcrmellrc il ton, les hommes de grandir librement pour s'assurer qu'aucun germe d'inlelli;:enr,c cl de vertu ne sera contrarié. \'oilà l'impulsion générah• que Godwin a reçue du sensuali-me anglais el !lu 11,alt'•riali-me français l'l qu'il transmettra à l\oberl O11en. Ce n'est doue, pa, la Ré,·oluli•m fran~aise q11i a formé le fond premier dl's idées de Gud11in, 1•l, à dire l'rai, lïn011ence de d'llolbach, d'llcl,Nius et, en génér,1I, du matérialisme français èlail moins forte ,ur l'cn,emble des révolutionnaires français que sur Go lwin lui-même. ~lais la llévolulion dt• France eut sur Go,lwiu deux effets lrè, préci-, el qu'il a très nettement marqués luimèn,e. D'abord, elle lui a manife,lé la vertu de la démocratie. JI a compris que h ,implicilé du C'Oll\'ernemcnl démocratique pur loppo,o au, combinai-nn, el aux complications des gouvernements mixtes· élail le milieu le plus large cl le plus sain à toutes les initiatives et activité, individuellt•s. Il avait bien jusque-là considéré la monarchie comme un gouvernemenl corrompu, mais on de\ ine qu'il su demandait si le gouvernement de tous

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==