Jean Jaurès - La Convention I

812 111:STOll\t,; SOCIALISTE pour rn lire 11111• autre qui, conçue en termrs mesuré$, s'imposa à la Chamhre, r'rsl en -omme ,ur le ,utrrag,· unilersel que porta le débat. Non que le t,•,te même de la p'tition formulât une demande en cc sen s. Elle se bornait à prote,ter rontre la répartition inégale des sièges entre le s diverses corporations el collectil'ilés qui déléguaient au Parlement, cont re la trop longue .iuri•e d,•s ll1gblatures et contre la corruption. Elle laibsail la rnlution indéterminée, el l'on sait que les orateurs libérau~ qui souten aient la pétition étaient boslile, au ,uffragc unil'er,el. )lalgrc cela, c'e,t tou jours en combattant les principes de la l\é1olution française, c'est en dénon çanl les cfTets<lu sufTrage univer;el en France, que Pill el les orateurs de la maj,,rité ministérielle repoussaient la I étilion. En Yain Shcrida11, Francis, Fot, Er,kine, s'évertuaient-ils à exorciser le fantôme de J:i llè\"olulion. En min répétaient-ils: • li ne s'agit pas de la France, mais !!e l'An;lelerre. li ne s'agit pas du sufTra gc universel, mais d'une prudente extension du droil de surrrage •· En ,ain e ssayaient-ils d'cmharra-ser Pitl en lui rappelant son projel de réforme parle mentaire de 1785. JI répondait: • ûn abime s'est ouvert, J'abime de la Ré\'o lulion, l'abime de la démocratie, le goufTre ,ans fond du sufTrage uni l'erse! où toute autorité disparait•· En ,orle que si le snfTrage uni\'ersel fournissait le prétexte souhaité d'écarter même une modeste réforme, il était là comme une obsession. A Iartir de ce jour il n'csl plus une re,endicalion théorique ou une thèse d'école : il esl mêlé à la vie poli li que anglaise el il s'y réalisera progressi vemcnt. De mème que la grande agitation européenne provoquée par la France de la Rèrnlulion a suscité en Angleterre des conception s politiques plus hrc:P-, de même elle y a donné aux problèmes économiq ues un tour nouveau. ~lar~ a nolé, dan, le chaµitre XXYIII du Capital, l'importance de celle molion de \\"hitbrea<I sur le minimum des salairPS rlonl j'ai parlé. Il dit: « Sur ces entrelailes, les ci,-constances économiques avaient subi une ré,olution ,i radicalP qu'il se 1,rudubil un fait inouï dans la Chambre des Commuue-. Dan• et lle enceinte où depuis plu, de quatre cents ans on ne ces~ait de fabri1Jt.-er des lois pour flxer au mouvement des sala ires le ma~imum qu'il ne <levait ,•n a111·u11cas dépa••rr. \Yhitbread ,int prop oser, en 1i96, c1·1•- tablir un mini!num légal pour les ouvriers agricoles.• Tou l en comballant la mesure, Pitt convint cependant que « les paU1res étaient dans une situation cruelle ». Sans doute ce sont les • circonstances économiques», c'es l la croissance de la grande industrie et du •l stème manufacturier qui faisaient éclater le ta•lre riiti•lc d,•s s~laires. Mais )tan néglige complètemen t {el c'est un vice Psscnliel de son œuvre) l'action des causes poliliques. Vis iblement, l'ébranlement démocratique de 1.1 n,;,•olntion françai~e a contribué à renverser le point de 1t1e. Euco,e en 1789, k Parlement d'Écosse décidait que les statuts d'Elis,brth étaient applicables aux salaires.

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