Jean Jaurès - La Convention I

i4 li lSTül liE SOCL\ LISTE rien olJlenir. Le ,ani,r impur des lrallres à la palric ne disconlinuail pas de couler. • C'csl donc l'apolo!(ie complète: • Le lJnllelin dr la guerre a appris au peuple que les houlans conpenl lr~ oreilles à chaque officier municipal qu'ils pcn,ent attraper, rl les lui rlouenl impilo)'lthlcmenl sur le somnwl de la tète, cl le pruple, dans cr momcnl de guerre ouwrle sera il ir1e,cu,ahlc ùe se permettre la représaill,• '? 11 sail encore que dans plusieurs htîlels de Paris ceu~ des aristocrates qui n'onl pu s'échapper ùepui, l'affaire ,ln 10 lt1t•nl leur lrmps autour d'une petile guillotine d'acajou, qu'on apporte ,ur l,1 table an dessrrl; on y rail pas,cr successivement plnsicu rs poupées donl la lêle, faite à la rcssrmhlanre de nos meilleurs magistral, ou représN1tanl;:, en lombanl lai~-e sortir du corp~. qui r•l un flacon, une liqueur rouge comme du sang. 'l'ous les assistants, 1,,, femmes surtout, se Mlrnl de tremper leur mouchoir dans ce ,ang qui se lrou,e èlre une eau amurée lr~s agréable; on la rr,pirr avec délices, en allendanl qu'on puis,c réellement faire couler par flots le plus pur sang des patriotes. Et l'on ne ,eut pas tirer le ,·oile sur le détail des vengeances du peuple. qui n'ignorr point ce qu'on lui réserve s'il retombe sous Ir Joug de l'aristocratie!» Oui, c'esl une apologie, c'est un lllaidoyer, mais on senl déjà, quatre ou c:nq jours à peine après l'événement, que le journaliste s'évertue cl il d,,_ mande ;urtout que l'on tirr 1111 i·oilr. Parfois il semble incommodé, en son récit, par une o leur de cbarniPr. • Le peuple qui amil plac6 l'un de ses lribuna11~ en dernier ressort au pied m~me du grand e,calirr du ci-cleYanl Palais ,le Juslic•·. y e,rrç.1 les mêmes vertus el les mtimes vengeances; Ir pa••é de la cour était l,aiy111'dr sang; le.~cadrn-res amoncclë, pr,·-rnlaienl 1'110rriblr image ù'une boucherie d'hommes. • Evidemment, contre les entralncmenls de la rurcur el contre Ioules les ma,imes du meurtre patriotique une réaction ,l'horreur el cle pili(• se produisail chez ceux-là môme qui plaidaient la rause du peuple exaspéré. Le journafüte se plaint que les nerfs de Paris n'ail'nt p 1, été assci ménages: • La place ùu Pool-au-Change orrriL le même spectacle que la cour du Palais; des monceau, de cadavres el des ruisseau, de sang . •1/,ûs si le peup!P se livra /oul enlier ti .,es re."e11/imf'11t,,se~ magi,lrat., ne vcilli:re,u pas a.,se: à en dlruber les traces. lis auraient 1lii p,·é,ider à l,l levée des cor-ps, el y fait'e ob•ert·er 111ieu:cles cont·enanres. 1l était si fadlr d'em•p/opprr de draperies lrs cltarretùs di• cad,11·resel d'n1 Pparg11n·(,, ,pectac[r 1m.r ritoy~, 1~ pendant le long lrajrl qu'il (allait parcourir pour les tran<porler tout à d,:_ couvrrl ju.<qu'1w eimf'/il,re dr. Clamart! • Mais quelle esl ccttejuslice qu'il faut cacher? Déjà, à coup sOr, Je ne sais quel élJranlemeoL nerveux se marquait dans Paris, el une sorte de protesta-

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