Jean Jaurès - La Convention I

IIISTOIRE SOCIAL:~TE 801 ------------ erreur était le plus grave, c'est lorsqu'il disait que Pitt ne voulait 1>assérieusement lJ guerre. que les préparatifs n'étaient qu'un<' parade pour elfray~r la France. Sans doute Pitt ne cherchait pas la guerre, il préfér,lil la pal<, m 1is l••s embarras qu'il pouvait avoir en Éc05!:i_e,en lrlanrle el en Angleterre m~me, n'étaient pas assez gr,1nds pour l'empècher d'envisager sérieusement l'hY!Jolhèsc de la guerre. Et en se nattant quïl n'y a,ail là qu'une démonstration un peu vainc, Kcr;ainl se dispcn,ait cl il dbpcnsait la Co:1venlion de chercher passionnénlPnt le moyen de conjurer ce suprème péril. Du moins a,erlissail-il loyilPm,•nt la Fr,1nce que Loule la propag111•le révolutionnaire en ,\ nglelerre était re,tée à peu près inefficace:« Je IIP puis vous dissimuler que, si J>iti est conduit à la 911rrre. il di,JHHrra de sa nation. • Bris,ot, lui aus,i, quoiqu'il connût les choses anglaises mieux que la plupart des Con1entionnels, n'avait pas re~ardé le problème en face. Il arnit vécu au jour le jour, avec un optimisme lrès ,uperficiel. La déci,ion du ministère anglais, su,pen lant après le Dix-Août tout r,1r,port diplomatique officiel a,ec la Fra11c,•,aurait dù l'avertir cepen,lanl quïl y a1ait là une situation dirficile el qui dPmandait le, ménagements les plu, tlélicals. Dan~ le rapport qu'il présent<' le 1~ janl'ier 1î03, au nom du Comité de défrnse 1é11érat, sur les di,po;itiuns du ga111·er11emn1tbrita1111iqur e111·Ns ta France et sur frs me,ure.1 à prendrr. il y a un r,po,é qui ,erait un ,ingulier a,·eu d'ignorance s'il 11'élaiLsurtout une le11lalive pour excuser une trop longue insouciance <'l des imprudeuces répl'lé•'' : « Trlle Nait la disposition du cabinH britannique vers la fin du mois de novembre, que toute, les clifllcullés s'aplanissaient insensiblement. Lorrl Grenville commen~ait à reconnaîlre le gou,ernemrnt de la France, qu'il avait d'abord inlilulé : Gu11rernem,11t de Pari, On jona:t bien quelquefois le scrupule sur le caractère de notre a.rent. on atreclait de ne pa-; se dire aulori,é, tandis qu'on provoquait et donmoiLdes e,plicalions. Une seule difficulté semblait arroiter le, négociation,. Le Cùus,•il exécutif de France voulait nôgocier par un amba,sadeur accrédité; le ministère anglais dè,ira:t que ce fût par un agent secret, et mt'me il ne tenait pas bien fernwrnent à celle querelle d'éliqu•lle, si l'on en Juge par quelques paroles de lorJ Grenville, qui atte,tait à ,otre ambas~arleur que lrs formes n'arrêteraient jamais le roi d'Angleter,·e lorsqu'il s·a~irail d'obtenir des déclarations r.1s,urantes el profitables pour les deux parties. « Pill. de son côté, ne témoignait, au commencement de dèce111bre, que Ir dé,i,· 11't'viter {,1guerre et 1tn1 aL·oir le lémoign119e du mi,1i,tère franc,,i,; il re~rettait que l'mterruplion de correspondance entre les deu, cabinets produi,ll des malentendus. • Li, Conseil e,éwlif, d'a1 rès ces prole,lalions, avait le droit d'e-p~rer que des lracasserirs n'entraineraient point la guerre entre la France el l'Angleterre; il ne savail pas que des dispositions apparentes pour la paix

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