!IISTlllllE SOCIALlSTE Bien mieux. an moment oü la francc semble prb de se débarrasser par la vicloir~ du fardeau tir l.1llévolulion, rlle p;is~e cc fardeau aux autres JJCu• plr,; elle le rejette sur r.\ngleterrc même qui voit ,on calme intérieur lroubh'. sa Con-li1ulion me:iacée, et qui, si elle ne {e défend pas à temps, si elle n'écrase pas les grrm's de révolution que les sournes orageux de France di,><'minen: sur son sol, sera absorbée longtemps, a'u grand détriment de son industrie el ùe son commerce. par une crise politique el sociale que la France sémble précbément surmonter. Le péril était d'autant plus grand que la France ue se bornait point à agir par l'exemple, par la pure propagande des idées. Par son décret du 1() novemù,·e, par sou décret du 15 décembre, elle promettait son appui aux peuple, qui se soulèveraient co~tre leur Constitution. Elle e,allait ainsi la l\é1oiulion unil·erselle. Etait-il possible encore, en cette fin de 1i02, de rapprocher la France el l'.lngleterre·/ li aurait fallu trouver une sorte ùe compromis. JI aurait fallu que le Gouveroernent anglais reudll, pour ainsi dire, ioolTensil-e la propagande révolutionnaire de l.1 France, en prenant lui-mème lïnitiative d'une réforme démocratique du sy;lèrne politique de l'..\.ugleterre. Et il aurait fallu que la France, renonçaut à toute provocation révolutionnaire, à toute jactance et à toute intervention· au dehors, donnât à l'Angleterre J'assurnnce que ses justes inlérèls en Europe et les traités qui les garantissaient ne seraient point menacé3. Sans doute l'ouverture de l'Escaut à la libre navigation ne blessait en rien les intérêts anglais itnmé liats ; mais elle témoignait de la facilité avec laquelle la France révolutionnaire substituait le droit international nouveau, l'ondé el interprété par elle. au droit posili • des traites. Que. des garanties fussent données à l'Angleterre contre l'entralnerneut des prétentions françai,es et que l'Angleterre ce,sàt de craindre, pour son régime intérieur, l'inévitable propagande de la Révolution en faü,anl une jmte parl à l'espril de rètorme el de démocratie, à ces conditions la paü pouvait encore être mai~tenue. C'e-l dans cet esprit que luttait Fox, mais presque sans espoir, car la fureur des passio11ssoulevées chez les deux peuples rendait presq11e impossi!Jle toute négociation sérieuse et sensée. C'est en vain que Foi, a•ec le pl11s noble courage, tentait de frayer celle voie moyenne. c·esL en vain qu'il gloriliait les conquètes de la liberté en France, el désavouait les excès de la :propagande. C'est en vain aus,i quïl tentait de ramener à de modestes proportions la question clel'Escaut. Ses paroles irritaient, au lieu de l'ap1isPr, l'orgueil national tous les jours plus om!Jrageux. 11 s'écriait, le 13 décembre 1792, dans le débat sur l'adresse: « L'honorable genllrman qui a ,ou tenu la molion a jugé convenable de drre, comme ~reu1e qu'il existe un esprit dangereux dans ce pays, que cet esprit
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