Jean Jaurès - La Convention I

784 IIISTOlllE SOCIALISTE temps en temps eans ce pays; mais maintenant la manière de les répandre est toute nouvelle elle fond môme de ces opinions est tout nouveau. La machine a été ,i bien construite, il y a tant d'habileté et d'arliûce chez ceux qui Ja manient, que si le Parlement n'avait pas élé sur ses gardes, et si la partie sensible et honnête de la communauté n'avait pas été aussi active à en contrarier les effets, toute la forme de notre gouvernement aurait été rapidement détruite. « Je sais qu'il y a une communication constante entre de~ personnes de Paris et des personnes de Londres dont l'objet est de dëtruire notre gouver- _nemenl. Celle sorte de contre-alliance des Anglais à Paris et des Français à Londres a été formée régulièrement et ses effets se font senlir de la façon la plus alarma~te. Dans chaque bourg, dans chaque village et présque dans chaque maison, ces dignes gentlemen onl leurs agents qui répandent régulièrement certains pamphlets; ces agents sont vigilants et industrieux, ils distribuent ces pamphleLs gratis, et c'est bien la preuve qu'une société les défraye de leurs dépenses ... « ... L'art avec lequel ces sentiments (de désobéissance) sontintroduils dans les basses classes de la société est consommé. Ces agents de révolte prétendent qu'ils ne proposent que des récits philosophiques; mais au lieu de raisonner philosophiquement dans leurs livres, ils fonl au contraire des assertions calégoriques(they made ,·oimd assertions) el ils fonl bien, pour leur dessein, d'agir ainsi, car les personnes auxquelles ils s'adressent soul incapables de suivre logiquement un sujet des prémisses à la conclusion et ce mode de rahonner ne ser\'irait pas leur cause. El ils ne risquent pas ces assertions avant ct·y avoir préparé les esprits : ils gagnent l'affection des hommes en flattant d'abord leurs passions. • La loi, même dans le pays le plus libre du monde, peut-elle permettre à lonl homme de prêcher la doctrine qu'il lui plall, el faire autant de prosolyles qu'il peut? C'est une que~tion que, po~r moi, je résous par la négative; car ces vérités, quelles qu'elles soient, se réduiront à rieµ si la passion anticipe les conséquences; or, les pauvres paysans (these poor peasants) n'ont pas le pouvoir de déduire les co11séque11cest ils sont livrés à la brutalité de l'affirmation. Et je ne vois pas le mal qu'il y aurait à emp~cher qu'on explique a un pauvre homme illettré (to a poor illetterate fellow ), dont les facultés ne s'étendmt qu'à procurer la subsistance à sa famille, des points qui ont divisé les écrivains les plus capables. » Comme si le sentiment aussi n'était pas une lumière! Comme si la société humaine était une mécanique abstraite réglée par les savants de cabinet! Comme si la poussée des besoins et des passions ne devait pas entrer dans le calcul de l'équilibre I Il y a dans les paroles de Windham autant d'étroitesse aristocratique que de peur. EL c'est la peur qu'il veut propager. • La vue des novateurs est de détrufre tout droit héréditaire et peut-ltre

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