î82 JIISTOIRE SOCIALISTE votre seuh' aulorilé, de supprimer ce,; livres, d'ériger tout homme, non seulenwnl en inquisiteur, mais en juge. en espion, en policier - d'animer le p•'re contre Je fils, le frère contre le frère, le voisin contre le voisin, el r'est par de tels moyens que vous croyez maintenir la paix et la tranquillité du pny~? • Yous vous êtes appuyés, dans tous vos actes, sur les principes de l'esclavage. Yous négligez, dans ,•otrc conduite, le fondement de tout gouvernPmenl légitime, les droits du peuple: et en exhibant cet épouvantail, vous semez la panique pour sanctifier votre violalion des lois, et cette violation des loi, engendre les maux que vous redoutez. Un extrême conduit naturellemrnl à l'autre. Ceu, qui craignent le républicanisme se réfugient à J'ahri de la couronne. Ceux qui désirent une réforme et qui sont calomniés sont jetés de désespoir dans le républicanisme. El c'esl là le mal que vous craif(nez. • C'est aux extrêmes que le peuple est précipité par les agitations; el il y a une diminution graduelle de ce parli moyen ( grad11<1dlecrease of Illat nuddlr order of men) qui redoute autant le républicanisme que le cle,potisme. Cc parli moyPn, qui avait conservé à ce pays tout ce qu'il y a de précieux dans la vie. Lous les jours, je suis désolé de le dire, il décroll; mais, permellez-moi d'ajouter que tant que ma faible voix pourra se faire enlentlre, ce parti ne sera pas complètement éteint; il restera toujours 11nhomme qui, entre les e,trc'me~, mainliendrn le point central. Je suis outragé d'un côté : je puis êlrc attaqué de l'autre; je puis èlre flétri à la fois el comme un boutefeu el comme un lièrle politicien; mais, quoique j'aime la popularité, et quoique rien ne me soit aussi précieux, hors de ma propre conscience, que la bonne opinion et la confiance de mes concitoyens, aucune tentation ne m'amènera à me joindre à l'association (contre-révolutionnaire) qui a pour objet un changement clans la base même de notre Constitution. • Mais d'où vient qu'en celle fin de 1702 tous les ressorts soient à ce point tendus en Angleterre? D'où vient que celle même nation anglaise, qui en 1î90 et 1791, semblait éprouver pour la Révolution cleFrance quelque sympathie ou du moins quelque curiosité bienveillante, soit aussi animée contre elle maintenant, et dans toutes ses classes? Comment l?ox et ses amis libéraux, malgré leur prudence, malgro le, réserves qu'ils multiplient, sont-ils suhmergés par l'esprit public et dénoncés, presque aussj violemment que Thomas Paine, par des associations conservatrices forcenées? J'en vois deux raisons princi ales. D'abord l'accélération du mouvement révolulionnaire en France avait son contre-coup en Angleterre. Le régime du peuple français n'était plus une démocratie mitigée, tempérée de monarchie. C'était la démocratie pure, et une démocratie foudroyante. Le peuple était Yainqueur de la royauté, et il tenait le roi dans ses mains. De plus, celle foule, qui le 10 ~ollt avait vaincu le roi, avait, le
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